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Lyon: un conducteur de bus TCL conteste son licenciement après une agression

Bruno, agressé au mois de février dernier, a été convoqué puis licencié durant le confinement. Son employeur lui reproche une riposte inadaptée ainsi que plusieurs antécédents qu'il conteste.

Il dit s'être simplement défendu. Bruno, conducteur de bus sur la ligne C3 à Lyon, a été licencié au mois d'avril, en plein confinement, à la suite d'une agression par deux jeunes femmes à Vaulx-en-Velin.

Une version réfutée par Keolis

Le 7 février dernier, l'une d'elles empêche une des portes du bus de se fermer. Le chauffeur lui demande d'arrêter, mais la passagère commence à l'insulter et à le frapper. Elle est très rapidement rejointe par une deuxième jeune femme.

"J'ai essayé de repousser ses coups. En aucun cas, je n'ai tapé. Si j'avais frappé, comme Keolis (son ancien employeur, ndlr) l'entend, elles seraient parties en ambulance comme moi", assure Bruno, qui a été blessé à l'épaule.

Mais cette version est réfutée par Keolis. Dans la lettre de licenciement consultée par Le Progrès, l'entreprise reproche notamment à Bruno d'avoir répondu aux insultes reçues, fait preuve d'une extrême violence, rattrapé les deux femmes sur le trottoir, et en avoir tiré une par les cheveux.

Convoqué puis licencié

La société pointe également du doigt des antécédents. "Compte tenu du suivi qu'on avait fait sur le comportement de ce monsieur depuis des années et ce nouvel événement, je ne pouvais pas continuer à le laisser à un poste de conducteur pour des raisons de sécurité", répond sur BFM Lyon Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon.

En plein confinement, le chauffeur a donc été convoqué puis licencié pour faute grave, sans indemnités. Il dénonce depuis un abus et a demandé sa réintégration. Une réclamation refusée en juillet. Il envisage désormais de saisir le conseil des prud'hommes.

"Ça fait deux ans et demi qu'il ne m'est rien arrivé. J'ai même reçu au mois de juillet les félicitations pour mon présentéisme et mon travail de l'année dernière", souligne Bruno.

Un an de prison avec sursis

Auprès du Progrès son avocat, assure également que son client "était toujours sur une posture défensive". Et d'ajouter: "on ne lui reconnaît aucune circonstance atténuante et on oublie son statut de victime".

Cette semaine, il était toutefois bien assis sur le banc des victimes, lors du jugement pour les faits de violence. L'une des deux jeunes femmes impliquées dans l'altercation a écopé d'un an de prison avec sursis.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions