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Sida: l'ONU appelle à endiguer le virus d'ici à 2030

Dans le monde, 35 millions de personnes sont séropositives.

Dans le monde, 35 millions de personnes sont séropositives. - Joel Saget - AFP

Le nombre d'infections du virus du sida dans le monde est en net recul. Mais pour l'ONU, le monde doit absolument renforcer ses efforts s'il veut endiguer la maladie d'ici à 2030. Dans le cas contraire, elle pourrait devenir hors de contrôle.

L'ONU fixe 2030 comme objectif pour en finir avec l'épidémie de sida. Dans un rapport présenté mardi lors d'une conférence de presse à Los Angeles, en présence de la star sud-africaine Charlize Theron, les représentants de l'ONU incitent la communauté mondiale à poursuivre ses efforts. "Nous avons infléchi la trajectoire de l'épidémie", a affirmé Michel Sidibe, directeur général d'ONU-Sida, l'agence des Nations Unies de lutte contre la maladie.

Selon les derniers chiffres, le nombre de nouvelles infections VIH a chuté de 38% depuis 2001. Un constat similaire en Afrique subsaharienne, particulièrement touchée par le virus. Entre 2005 et 2013, les nouvelles infections ont diminué de 33%. "Nous avons maintenant cinq ans devant nous pour l'endiguer pour de bon ou voir l'épidémie repartir et devenir hors de contrôle", a ajouté le directeur de l'ONU-Sida.

Eviter 21 millions de décès

L'organisation invite les pays particulièrement touchés à fixer des cibles "accélérées" pour éviter 21 millions de décès liés à la pandémie. L'ONU fixe pour 2020 des objectifs qui suivent une formule "90-90-90": 90% des personnes infectées avec le VIH doivent le savoir, 90% des séropositifs doivent suivre un traitement et 90% de ceux qui sont traités doivent voir leur charge virale supprimée. L'objectif est ensuite d'amener ces chiffres à un ratio de 95-95-95 d'ici 2030.

De larges progrès ont été notés ces dernières années. Outre la baisse du nombre de nouvelles infections, le nombre de décès a également chuté de 35% depuis 2005.

Le financement, clé de la fin de la pandémie

Le rapport fait cependant écho aux problèmes rencontrés par les pays à faibles revenus et met l'accent sur le soutien nécessaire de financements internationaux. Ces pays les plus pauvres auront besoin de financements à hauteur de 7,7 milliards d'euros d'ici à 2020. "En investissant 3 dollars seulement par jour et par personne vivant avec le VIH au cours des cinq prochaines années, nous pourrions briser l'épidémie pour de bon", a déclaré Michel Sidibé.

En 2013, on comptait environ 35 millions de personnes séropositives dans le monde, 71% d'entre elles vivant en Afrique sub-saharienne. L'Afrique du Sud est le pays le plus touché au monde. Actuellement, aucun traitement ou vaccin ne permet d'éliminer complètement le VIH d'une personne infectée. Des traitements, les trithérapies ou multithérapies, permettent cependant aux personnes séropositives de bloquer la multiplication du VIH dans leur organisme.

C. B avec AFP