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Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne: que prévoient nos voisins pour ce Noël sous Covid-19?

L'allocution d'Emmanuel Macron mardi soir a permis d'y voir un peu plus clair au sujet de Noël. Chez nos voisins aussi, les gouvernements commencent à dévoiler leurs plans. Si tous prévoient d'alléger les mesures en vigueur durant cette période, chacun y va de sa formule.

Lors de son allocution mardi soir, Emmanuel Macron a clarifié les choses pour Noël: les rendez-vous familiaux et les déplacements seront autorisés. Le couvre-feu qui devrait entrer en vigueur le 15 décembre sera suspendu pour la nuit du 24 au 25 décembre, tandis que les rassemblements sur la voie publique demeureront interdits. Cette parenthèse ouverte dans le processus qui doit voir les mesures sanitaires s'alléger peu à peu est conditionnée à une évolution positive des statistiques de l'épidémie. Le chef de l'État a précisé en effet qu'il faudrait pour ça avoir ramené le nombre quotidien des nouvelles contaminations à 5000.

Nos voisins sortent également du flou. Ce mercredi, la plupart ont rendu publique la forme que prendront les festivités de Noël cette année sur leur sol. Tous ont décidé de relâcher (un peu) la pression pour ces quelques jours, mais chacun suit son propre chemin en la matière.

Royaume-Uni: une vision du triple-foyer

Le Royaume-Uni a une particularité: il réunit sous une même autorité quatre nations différentes et relativement autonomes les unes des autres. Il a donc fallu mettre d'accord leurs dirigeants respectifs afin de mettre au point un plan pour Noël. Les leaders anglais, écossais, gallois et nord-irlandais sont parvenus à s'entendre mardi après-midi, comme l'a noté ici la BBC.

Ils ont tous consenti à faire de la fenêtre allant du 23 au 27 décembre prochains une période à part. Lors de celle-ci, les restrictions et interdictions autour des déplacements à l'intérieur du Royaume-Uni seront levées. Surtout, les réunions familiales ou amicales seront permises. Plus précisément, les personnes issues de trois foyers différents pourront se retrouver en intérieur, dormir sous le même toit, éventuellement se rendre dans un lieu de culte ensemble, formant alors une "bulle de Noël". La limite imposée tient donc au nombre de foyers concernés et ne fixe pas celui des convives. Les enfants mineurs de parents séparés pourront faire partie des deux bulles de leurs parents.

Les exécutifs britanniques encouragent cependant les sujets de la Reine à conserver la plus grande prudence dans cet intervalle. Dans un communiqué commun publié après l'obtention de l'accord mardi après-midi, ils ont ainsi déclaré: "Avant de décider de se réunir pour la période des fêtes, nous vous demandons d'envisager des approches alternatives, comme l'emploi de la technologie ou les réunions à l'extérieur".

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a résumé ces directives dans une allocution télévisée mardi soir.

La parenthèse allemande

L'Allemagne doit encore affiner sa formule auprès des présidents des Länder mais le gouvernement d'Angela Merkel a déjà mis au point une feuille de route, détaillée ici par le site de la Deutsche Welle. Ainsi, Berlin et les autorités régionales se sont entendus pour le renouvellement en décembre, et probablement en janvier (cette extension sera officialisée ou écartée le 15 décembre prochain), du confinement partiel initié le 2 novembre pour un mois. Entre autres, les hôtels, restaurants et salles de sport resteront fermés. En revanche, la semaine du 23 décembre au 1er janvier profitera de dispositions plus coulantes.

Ainsi, les réunions entre personnes venues de plus de deux foyers distincts seront autorisées. Alors que les rassemblements en intérieur sont pour le moment plafonnés à cinq individus, le cercle devrait être élargi jusqu'à dix membres, sans compter les mineurs âgés de moins de 14 ans.

Toutefois, les autorités allemandes souhaitent assortir cette souplesse pour Noël d'un appel. Elles conseillent ainsi aux gens de s'isoler plusieurs jours avant le 23 décembre afin de réduire le risque de contracter la maladie et de l'inviter malgré soi à la table des festivités.

L'Italie ménage le suspense

L'Italie continue quant à elle à ménager le suspense. Le décret arrêtant la forme qu'y prendra ce Noël bousculé par une pandémie mondiale ne sera publié que le 3 décembre. Mais ses grandes lignes apparaissent déjà dans la presse, comme le montre cet article de The Local.

Les déplacements ne seront possibles a priori qu'entre les régions où le virus circule faiblement ou modérément, ce qui exclue de fait la majorité de la péninsule. La norme restreignant les réunions en intérieur à six personnes devrait être maintenue. Enfin, une fuite dans les médias laisse entendre que les bars et restaurants pourraient ouvrir leurs portes le soir de Noël, moyennant la limitation des tablées à six convives.

Jeudi dernier, le Premier ministre Giuseppe Conte a prévenu: "Nous devons nous préparer à un Noël plus sobre. Les célébrations et les embrassades ne seront pas possibles".

En Espagne, la règle commune face aux autonomies régionales

En Espagne, le ministre de la Santé, Salvador Illa, a présenté mardi le plan du gouvernement pour Noël, relayé ici par La Vanguardia. Les principales recommandations sont les suivantes: pas plus de six personnes, éviter les déplacements après 1 heure du matin. Ce cadre était par ailleurs soumis aux autonomies régionales ce mercredi, or plusieurs d'entre elles promettent déjà de s'en affranchir partiellement.

Ainsi, la Catalogne et Madrid ont l'intention de permettre d'inviter dix personnes aux réunions familiales.

Avant Noël, les États-Unis planchent sur Thanksgiving

De l'autre côté de l'Atlantique, les préoccupations ne sont pas les mêmes. Et avant de penser à Noël, les institutions médicales et sanitaires ont d'abord planché sur Thanksgiving, qui a lieu ce jeudi. Les déplacements sont autorisés mais le Center For Disease Control (CDC) suggère plutôt de célébrer la fête devant son ordinateur. Dans le cas d'un rassemblement familial, il préconise de rassembler à l'extérieur plutôt que dans un espace confiné, de porter le masque au maximum et rappelle la nécessité d'observer les gestes-barrières.

A noter que dans certaines villes, les municipalités ont expressément demandé à leurs concitoyens de faire l'impasse sur Thanksgiving cette année, comme Chicago, Baltimore, Philadelphie.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV