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Présidentielle américaine: qu'entend Donald Trump par bulletins de vote "légaux" et "illégaux"?

Lors d'une allocution ce jeudi à la Maison Blanche, le président américain a dénoncé des fraudes dans le processus électoral et annoncé de nombreux recours en justice.

"Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement l'élection", a lancé ce jeudi soir Donald Trump en direct de la Maison Blanche, quelques heures après l'allocution de son adversaire démocrate. "Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l'élection", a ajouté le président américain qui n'a cessé de dénoncer le principe du vote par correspondance qualifié de "désastre" dans l'organisation des élections.

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Evoquant des "irrégularités troublantes", il a par ailleurs confirmé que les républicains présenteraient "de nombreux recours" afin de dénoncer des "fraudes". "Le coeur de son argumentaire, c'est le vote par correspondance", analyse Jean-Bernard Cadier, correspondant de BFMTV aux Etats-Unis, qui évoque un président "particulièrement frustré de l'état du dépouillement" et qui veut aller "jusqu'à la Cour suprême" pour s'assurer de son maintien à la Maison Blanche.

Le vote par correspondance, un "désastre" pour Donald Trump

"Il n'y a jamais eu autant de votes par correspondance que pendant cette élection, ceci à cause du Covid-19", reconnaît notre journaliste qui rappelle toutefois que ce type de vote n'est pas nouveau outre-Atlantique. "Dans certains Etats comme l'Oregon, l'Utah ou celui de Washington, le vote par correspondance à 100% existe depuis des décennies", souligne Jean-Bernard Cadier. "Donald Trump a donc tort de dire que ce système est par essence un système corrompu".

En revanche, l'argument de Donald Trump sur la légalité de certaines procédures peut être entendu. Dans un Etat comme la Pennslyvanie, les règles de gestion du vote par correspondance ont été modifiées à la dernière minute, en autorisant qu'un vote mis à la poste avant lundi puisse être dépouillé jusqu'à vendredi. "Trump estime que c'est illégal et c'est un argument qui se plaide", estime notre correspondant.

La stratégie de Trump: multiplier les recours jusqu'à saisir la Cour Suprême. "Sur le ton, c'est un homme qui n'est pas prêt à céder" mais qui admet toutefois que, dans le décompte actuel Etat par Etat, il est en difficulté", estime Jean-Bernard Cadier.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV