BFMTV

Madrid va de l'avant sur la suspension d'autonomie de la Catalogne

Carles Puigdemont a jusqu'à 10h00 locales pour affirmer clairement qu'il renonce à déclarer l'indépendance. photo du 17 octobre 2017 à Barcelone

Carles Puigdemont a jusqu'à 10h00 locales pour affirmer clairement qu'il renonce à déclarer l'indépendance. photo du 17 octobre 2017 à Barcelone - PAU BARRENA, AFP

Le gouvernement espagnol a annoncé ce jeudi qu'il allait de l'avant pour suspendre l'autonomie de la Catalogne, après la menace du président catalan, Carles Puigdemont, de déclarer l'indépendance si la "répression" continuait.

Le gouvernement espagnol a annoncé ce jeudi qu'il poursuivait la procédure de suspension d'autonomie de la Catalogne, estimant que le président catalan Carles Puigdemont n'avait pas restauré l'ordre dans sa région, approfondissant encore une crise qui menace la stabilité de l'Espagne.

Vers une déclaration formelle d'indépendance ?

"Si le gouvernement de l'État persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder, s'il l'estime opportun, au vote d'une déclaration formelle d'indépendance qu'il n'a pas votée le 10 octobre", a écrit ce jeudi Carles Puigdemont dans une lettre adressée au chef du gouvernement Mariano Rajoy, après avoir évoqué la menace de suspension d'autonomie.

Carles Puigdemont devait dire avant 10h ce jeudi s'il faisait marche arrière dans la voie de l'indépendance.

Dans le courrier adressé au gouvernement, il leur laisse le choix de prendre en compte le fait qu'il n'y avait pas eu à ce stade de déclaration d'indépendance dans la région et de considérer que cela ouvrait la porte à un apaisement, ou de retenir la menace. Le gouvernement espagnol a choisi la deuxième option.

"On ne peut pas dialoguer avec ceux qui violent la loi et la Constitution", répétait encore Mariano Rajoy mercredi devant les députés.

Un conseil des ministres extraordinaire samedi

"Le gouvernement continuera les démarches prévues par l'article 155 de la Constitution pour restaurer la légalité" en Catalogne, constatant le "refus" de Carles Puigdemont de répondre à ses demandes, dit son communiqué, qui annonce aussi la tenue ce samedi d'un conseil des ministres extraordinaire pour enclencher ce processus.

Bien que le ton soit à l'affrontement cela laisse cependant encore deux jours pour d'éventuelles tractations.

Dans cette région ayant une langue et une culture propres, fière de son autonomie, une suspension d'autonomie pourrait déclencher de nombreux remous au sein de la société civile, puisque la société catalane reste divisée sur la question de l'indépendance.

S.Z avec AFP