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La Hongrie autorise l'armée à utiliser des armes non létales sur les migrants

Des policiers hongrois postés à la frontière avec la Serbie

Des policiers hongrois postés à la frontière avec la Serbie - Sandor Gemesi - AFP

Confrontée depuis plusieurs semaines à un afflux sans précédent de migrants, la Hongrie a renforcé sa législation pour donner plus de pouvoir à l'armée et à la police. Ces derniers ont désormais le droit de tirer sur les migrants,ou de perquisitionner des domiciles privés.

Budapest renforce encore un peu plus ses mesures anti-migrants. Le parlement hongrois a adopté lundi une nouvelle législation accentuant encore les pouvoirs de la police et de l'armée à l'encontre des migrants, qui transitent par milliers par le pays. Le texte entérine la possibilité de déployer massivement des militaires aux frontières et autorise dans certaines conditions l'armée et la police à ouvrir le feu contre des migrants, à condition que les tirs ne soient pas "mortels".

Arsenal législatif

L'armée a désormais la possibilité d'employer des armes à balles en caoutchouc ou même des fusils à filet contre les migrants qui tenteraient d'entrer illégalement dans le pays. L'armée est également autorisée à procéder à des contrôles d'identité, et à procéder à la garde-à-vue de migrants. Le dispositif, qui complète une législation anti-migrants entrée en vigueur le 15 septembre, permet en outre à la police de perquisitionner tout domicile privé où des migrants sont soupçonnés de se trouver.

Présentée par l'administration du Premier ministre populiste Viktor Orban, la nouvelle loi, qui nécessitait une majorité des deux tiers, a été adoptée par 151 voix contre 12 et 27 abstentions. "Nos frontières sont en danger (...) La Hongrie et toute l'Europe sont en danger", s'est justifié Viktor Orban, estimant que le continent était "submergé" par les migrants. "Ils ne frappent pas à notre porte, ils l'enfoncent", a-t-il lancé.

Inquiétude des ONG

Ces dispositions s'appliquent dans les zones où a été déclaré l'"état de crise due à une immigration massive", une mesure ad hoc mise en oeuvre dans six départements limitrophes de la Serbie, la Croatie, la Slovénie et l'Autriche. La Hongrie a déjà vu transiter 225.000 migrants depuis le début de l'année.

Ces nouvelles dispositions ont été considérées avec inquiétude par l'ONG Comité d'Helsinki, qui a souligné qu'elles visaient "des réfugiés qui eux-mêmes ont fui la guerre et le terrorisme et ont déjà subi des exactions de la police et des armées dans leur pays".

la rédaction avec AFP