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L'offensive turque provoque une détresse humanitaire dans le nord-est de la Syrie 

BFMTV a pu se rendre dans le nord-est syrien, envahi par l'armée turque en pleine offensive contre les Kurdes. L'attaque d'Ankara neutralise le travail des ONG sur place et génère un nouveau flot de déplacés.

Elle fait aussi partie des victimes de l'offensive turque lancée la semaine dernière par Recep Tayyip Erdogan contre les Kurdes: l'aide humanitaire est presque au point mort dans le nord-est de la Syrie.

Dans cette zone où se déroulent les combats entre les forces militaires d'Ankara aux unités de protection du peuple (YPG) kurdes et leurs alliés de circonstances, les soldats fidèles au pouvoir de Damas, la Barzani Charity Foundation est l'une des rares ONG à poursuivre sa tâche. C'est dans l'un de ses camions que BFMTV a pu passer la frontière turco-syrienne.

Karzan Noori, responsable de ce programme humanitaire kurde d'Irak, illustre la gravité de la situation:

"Ça fait deux jours que les ONG ont évacué et ne travaillent plus là-bas. Les besoins des populations sont immenses. C’est pour ça qu’on fait tout notre possible pour porter assistance aux populations avec vingt camions de vivres, des couvertures et du lait pour bébé."

140.000 déplacés à Hassaké

Le nord-est syrien s'est débarrassé du joug jihadiste il y a un an à peine. Il est à présent sillonné par les soldats turcs, leurs chars, leur artillerie. Désormais, les civils cherchant à fuir l'avancée de ces derniers convergent vers la ville d'Hassaké, ville de 190.000 habitants qui fait de surcroît de la place à ces 140.000 déplacés.

"On ne pouvait pas rester", raconte Abdul Hadi, venu de Ras al-Aïn, Abdul Hadi s'est exprimé à notre micro. "Ils nous ont bombardés de partout. Les chars turcs nous tiraient dessus. On veut juste que quelqu’un nous protège de cette injustice. Ils veulent nous tuer ou quoi ? Nous, on veut vivre."

Depuis le début de l'offensive turque, au moins 133 combattants kurdes et 69 civils ont été tués, ainsi que 108 rebelles proturcs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Et 160.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

Amélie Rosique et David Couloume, avec R.V.