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L'Indonésie cherche ses survivants et craint un nouveau tsunami

Les spécialistes déplorent des systèmes d'alertes inadéquats qui ont échoué à prévenir la catastrophe.

Les secouristes indonésiens recherchaient fébrilement lundi des survivants au tsunami qui a fait au moins 373 morts, alors que les experts mettent en garde contre le risque de déferlement de nouvelles vagues mortelles dues à l'activité volcanique.

Des équipes de secouristes munis d'excavatrices et d'autres équipements lourds tentent de dégager les débris tandis que des des milliers de personnes ont été évacuées sur les hauteurs. 

Recherche des victimes

Le tsunami a frappé soudainement samedi soir les rives du détroit de la Sonde qui sépare les îles de Sumatra et de Java rasant des centaines de bâtiments. Il est survenu après l'éruption du volcan connu comme "l'enfant" du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa et a laissé derrière lui un paysage de désolation, entre les arbres déracinés, toits arrachés, morceaux de bois et détritus divers. La plage de Carita, destination touristique courue de la côte occidentale de Java, est jonchée de débris.

"L'armée et la police passent les ruines au peigne fin pour voir s'il y a d'autres victimes", a expliqué Dody Ruswandi, haut responsable de l'Agence. Les opérations de secours devraient durer une semaine.

Indonésie séisme
Indonésie séisme © Demy Sanjaya / AFP

Des risques de nouveaux tsunamis

L'Indonésie, archipel de 17.000 îles et îlots qui s'est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique et d'éruptions volcaniques. Elle compte 127 volcans actifs.

Les tsunamis déclenchés par les éruptions volcaniques, qui provoquent un déplacement d'eau, sont relativement rares. Mais les spécialistes estiment que l'épisode de samedi est dû à l'effondrement sous-marin d'une partie de l'Anak Krakatoa, et préviennent que ce phénomène peut se reproduire à présent que le volcan est déstabilisé." Le risque de tsunami dans le détroit de la Sonde restera élevé tant que le volcan sera dans sa phase d'activité actuelle parce qu'il est susceptible de déclencher d'autres glissements de terrain sous-marins", prévient ainsi Richard Teeuw, de l'Université de Portsmouth.

Un système d'alerte inadéquat

Selon les spécialistes et les autorités indonésiennes, le nombre élevé de victimes s'explique notamment par une inadéquation des systèmes d'alertes. Dans une série de tweets, effacés par la suite avec ses excuses, l'Agence nationale de gestion des catastrophes avait assuré qu'il n'y avait "pas de menace de tsunami" alors même que la vague balayait les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de Java.

"L'absence de système d'alerte précoce explique que le tsunami n'ait pas été détecté", a reconnu le porte-parole de cette Agence Sutopo Purwo Nugroho. "Les signes de l'arrivée d'un tsunami n'ont pas été détectés et les gens n'ont pas eu le temps d'évacuer".

Les stations de mesure des marées et la modélisation des données sont les principaux outils utilisés par les agences indonésiennes pour prévoir les tsunamis. Mais elles permettent de détecter les tsunamis déclenchés par les séismes, et non pas par des éruptions volcaniques. Même quand toutes les stations de surveillance sont en état de fonctionnement, les défaillances du réseau sont notoires. Les efforts pour améliorer le système ont été entravés par de multiples problèmes, entre le manque de maintenance des équipements ou les dysfonctionnements bureaucratiques.

Le volcan Anak Krakatoa était actif depuis plusieurs mois si bien que l'éruption relativement mineure survenue samedi n'a pas dû alarmer la population outre mesure.

Un appel aux dons

Plusieurs associations ont lancé des appels aux dons. Parmi elles, le Secours populaire. "Il faut envoyer des vêtements, de la nourriture, des abris en toile et des filtres à haut", explique Henriette Steinberg du Secours populaire, sur le plateau de BFTMV qui précise que "la première priorité est de rendre l'accès à l'eau potable."

Cy.C avec AFP