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Migrants: la police croate à nouveau accusée de brutalité

"La police croate (les) a brutalement battus et les a renvoyés de l'autre côté de la frontière". Image d'illustration.

"La police croate (les) a brutalement battus et les a renvoyés de l'autre côté de la frontière". Image d'illustration. - ATTILA KISBENEDEK / AFP

Mardi, Human Rights Watch a accusé la police croate de violences sur les migrants interceptés en Croatie.

L'ONG Human Rights Watch a accusé mardi la police de Croatie de "battre brutalement" les migrants interceptés dans ce pays, porte d'entrée pour l'Union européenne.

Cette accusation vient après d'autres, similaires, portées par des organisations comme Médecins sans Frontières, ou le Conseil de l'Europe. Elles ont toujours été contestées par Zagreb.

"Brutalement battus"

"La Croatie est tenue de protéger les demandeurs d'asile et les migrants. A la place, la police croate (les) a brutalement battus et les a renvoyés de l'autre côté de la frontière", selon un communiqué de HRW.

L'organisation précise que sur vingt migrants qu'elle a interrogés, seize, dont des femmes et des enfants, ont affirmé avoir été battus par la police, avec des bâtons, à coups de pieds et de poings, s'être fait voler leur argent, et confisquer ou détruire leur téléphone portable.

Les téléphones et les applications de navigation sont un outil particulièrement utiles pour ces voyageurs quand ils entreprennent de passer clandestinement les frontières.

"Route des Balkans"

Les résultats de cette enquête "confirment les preuves croissantes d'abus" commis par la police croate selon HRW, qui demande à Zagreb de diligenter des enquêtes.

Des centaines de milliers de migrants ont emprunté "la route des Balkans" jusqu'à sa fermeture en mars 2016.

Mais des centaines de voyageurs, notamment de jeunes hommes, continuent de l'emprunter clandestinement.

Violences commises par les policiers croates

Après avoir privilégié un passage depuis la Serbie, de plus en plus tentent désormais de rentrer en Croatie via la Bosnie. Quelque 20.000 ont transité par ce pays montagneux cette année, selon les autorités. Environ 6.000 y sont actuellement bloqués.

Dans une lettre au Premier ministre Andrej Plenkovic, Dunja Mijatovic, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, s'était inquiétée début octobre de chiffres de l'ONU selon lesquels sur 2.500 migrants expulsés par la Croatie, près d'un tiers avaient fait état de violences commises par les policiers croates. 

B.L. avec AFP