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Prison pour Berlusconi: les unes de la presse reflètent le clivage gauche-droite

Silvio Berlusconi à la sortie du tribunal le 1er mars.

Silvio Berlusconi à la sortie du tribunal le 1er mars. - -

Le Cavaliere est-il fini ou peut-il renaître dans un dernier sursaut de bête politique qu'il reste, à 76 ans? La presse italienne semble pour le moins divisée sur le sujet.

La confirmation par la Cour de cassation, de la condamnation pour fraude fiscale à de la prison ferme, va-t-elle sonner le glas de sa longue carrière politique de Silvio Berlusconi?

Alors que le sénateur dénonce une sentence "dénuée de tout fondement", la presse italienne semble tergiverser quant à l'avenir politique de l'infatigable Cavaliere qui, âgé de 76 ans, ne séjournera pas en prison en raison de son âge.

Les grands journaux restent prudents

"La condamnation à 4 ans est définitive", rappelle La Repubblica, journal qui s'est opposé de nombreuses fois à l'ex-président du Conseil italien. Ezio Mauro, l'éditorialiste du journal s'inquiète des "conséquences de la vérité" et explique que cette condamnation marque la "fin du mythe de l'entrepreneur qui a lancé et régénéré la carrière politique de Silvio Berlusconi", rappelant qu'il n'est plus aujourd'hui qu'un "fraudeur".

Pour le Corriere Della Sera, Berlusconi, bien que condamné "reste dans la course". Si Silvio Berlusconi a été condamné pour fraude fiscale, la question de son inéligibilité, qui le priverait du droit d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans, a été renvoyée en appel.

La gauche et la droite s'écharpent

Sans surprise il Giornale, le quotidien contrôlé par la famille du Cavaliere, estime que "Berlusconi ce n'est pas fini". Le journal de droite Libero écrit au-dessus d'une caricature de Berlusconi une citation dont le ton se veut prophétique: "Je ressusciterai".

A gauche, il Fato Quotidiano, constate avec froideur que le "Délinquant est condamné". "Le gouvernement est un mort qui marche" renchérit également le journal. De fait, la fragile coalition menée par Enrico Letta qui dirige l'Italie depuis à peine 100 jours pourrait voler en éclat avec cette nouvelle affaire. Le chef du gouvernement, ancien bras droit de Romano Prodi, tempère et se garde de commenter une décision de justice. Mais l'aile gauche de ce gouvernement d'union nationale grogne. La question ne semble plus de savoir si le gouvernement va voler en éclats, mais plutôt qui, de la gauche ou de la droite, va précipiter sa chute en tirant le premier?

David Namias et Mathilde Auvillain