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Italie: le Premier ministre Enrico Letta va démissionner

Le Premier ministre italien Enrico Letta, ici à Rome le 12 février (à gauche), a annoncé son intention de remettre sa démission après un vote de son parti réclamant un changement de gouvernement.

Le Premier ministre italien Enrico Letta, ici à Rome le 12 février (à gauche), a annoncé son intention de remettre sa démission après un vote de son parti réclamant un changement de gouvernement. - -

Son annonce est intervenue peu après le vote de son parti réclamant un changement de gouvernement. La motion avait été proposée par Matteo Renzi, son principal rival et probable successeur.

Le Premier ministre italien Enrico Letta a annoncé jeudi sa démission, aussitôt après un vote de son parti réclamant un changement de gouvernement.

Enrico Letta a fait cette annonce quelques minutes à peine après un vote de la direction de sa formation de centre-gauche, le Parti démocrate (PD), réclamant un changement de gouvernement. Cette motion proposée par Matteo Renzi, son probable successeur, demandait d'"ouvrir une phase nouvelle avec un exécutif nouveau soutenu par la majorité actuelle", avec le centre-droit. Elle a été approuvée à une très large majorité de 136 voix (sur un peu plus de 150).

Matteo Renzi ne veut pas d'élections

"C'est la crise de gouvernement. [Matteo] Renzi vers le Palais Chigi (siège du gouvernement) avec le feu vert du PD", titrait le journal La Stampa sur son site internet peu après ces annonces.

En lisant le document demandant d'ouvrir "une nouvelle page", Matteo Renzi, maire de Florence de 39 ans, a rendu hommage à Enrico Letta "pour l'important travail accompli" et s'est défendu de vouloir "faire le procès" de son prédécesseur.

Il lui a reconnu notamment le mérite d'avoir pris la tête d'une coalition inédite gauche-droite, de "large entente" dans une situation économique, sociale et politique difficile. Mais il a jugé nécessaire et urgent de "changer d'horizon et de rythme", en exhortant les autres membres de la direction du PD à "prendre le risque du changement" et à "sortir des marécages".

Pour Matteo Renzi en revanche pas question de revenir aux urnes: des élections "ne réussiraient pas à résoudre les problèmes du pays en l'absence d'une loi électorale garantissant une majorité certaine", a-t-il dit, se fixant comme horizon la fin de la législature en 2018.

Renzi multipliait les attaques

Enrico Letta, ex-numéro deux de ce parti, avait décidé de ne pas participer à la réunion du PD, officiellement pour permettre à ses collègues de prendre leurs décisions "avec le maximum de sérénité".

Au fil des débats au sein de la direction du PD, le sort d'Enrico Letta est apparu scellé, la grande majorité des intervenants appelant à un "acte de clarté". La veille encore, Enrico Letta avait défié son adversaire en présentant un programme pour relancer son gouvernement, appelé "Engagement Italie".

Depuis son arrivée à la tête du PD en décembre dernier et surtout depuis qu'il avait conclu un accord à la mi-janvier pour une nouvelle loi électorale avec Silvio Berlusconi, Matteo Renzi piaffait d'impatience. Il multipliait les attaques contre l'exécutif Letta, lui reprochant lenteur et manque de détermination, malgré le pacte noué entre les deux hommes pour une poursuite de l'action du gouvernement Letta jusqu'à au moins la fin 2014.

Enrico Letta "montera" vendredi au Quirinal la colline où se trouve la présidence, après un dernier conseil des ministres au Palais Chigi. Ensuite le président Giorgio Napolitano devrait procéder à des consultations des différents partis avant de très probablement choisir Matteo Renzi pour former un nouveau gouvernement.

Une fois celui-ci constitué, le nouvel exécutif devra se présenter peut-être déjà mardi prochain devant le parlement pour obtenir le vote de confiance.