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Royaume-Uni: cinq ladies attaquent la Chambre des lords pour sexisme

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- - Victoria Jones / POOL / AFP

Parmi les membres de la chambre haute du Parlement britannique, 92 sièges sont traditionnellement réservés à l'aristocratie. Or, les femmes en sont exclues.

Cinq ladies attaquent l'État britannique devant la Cour européenne des Droits de l'Homme. Motif: discrimination sexuelle. Ces aristocrates dénoncent l'interdiction qui leur est faite de siéger à la Chambre des Lords, la Chambre haute du Parlement anglais qui a pour prérogative d'examiner et au besoin, modifier les projets de loi approuvés par la Chambre des communes. 

Les femmes ont pourtant en théorie le droit de siéger à la Chambre des lords depuis 1958. Pour mémoire, cette assemblée est composée de 850 membres non élus mais nommés à vie par la reine sur proposition du Premier ministre. Parmi ceux-ci, des personnalités du monde politique mais aussi 25 évêques et, depuis 1999, seulement 92 membres de l'aristocratie, qui se transmettent les sièges de père en fils. 

De père en fils et pas en fille: c'est là que le bât blesse, la règle multiséculaire de primogéniture masculine -le fils aîné hérite du titre- faisant encore loi chez la noblesse britannique. Seule exception à cette règle, note Le Figaro: la comtesse Margaret de Mar, doyenne de l'Assemblée britannique et dont la famille autorise la succession des filles.

Des règles "obsolètes"

"Toutes ces femmes pensent qu'elle peuvent avoir leur part de contribution dans la vie publique, mais, filles plutôt que fils, elles ne sont pas éligibles", s'indigne Charlotte Carew Pole, à l'initiative de la démarche et fondatrice de l'association "Daughters' Rights" (les droits des filles) dans une tribune à Metro.

L'une des plaignantes, lady Eliza Dundas, citée par Le Figaro explique encore: "C'est une question de principe. Je ne fais pas ça pour moi, mais pour toutes les femmes. Alors qu'on ne parle que de la représentation des femmes dans la société, les règles de la Chambre des lords sont obsolètes."

Si la requête des cinq ladies aboutissait, cela pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la composition de l'assemblée britannique. Si le prince Harry et Meghan Markle avaient une fille, elle pourrait dès lors hériter du titre de duchesse de Sussex, ce qui n'est pas le cas actuellement.

C.R.