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Brexit: quel impact sur la filière Erasmus?

Des étudiants de l'université Paul-Valéry Montpellier 3, le 28 septembre 2015.

Des étudiants de l'université Paul-Valéry Montpellier 3, le 28 septembre 2015. - SYLVAIN THOMAS - AFP

Après la décision des Britanniques de sortir de l'Union européenne, de nombreux étudiants français Erasmus installés au Royaume-Uni ou qui envisagent de rejoindre le pays dans ce cadre, font part de leur inquiétude.

Les étudiants Erasmus vont-ils faire les frais du Brexit? Avec la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne, le Royaume-Uni pourrait sortir du programme d'échange Erasmus. Une hypothèse qui désole et préoccupe notamment les universités et les étudiants français. Car Erasmus est une des plus belles réussites de l'Europe. Même si sa naissance fut "atroce", rappelle Pascal Lamy, ancien commissaire européen.

Dans le cadre de ce programme, le Royaume-Uni était pourtant la destination phare des étudiants français en 2013, comme le rappelle Francetv info à partir des dernières données publiées par Erasmus+. Selon les chiffres de la Commission européenne, le Royaume-Uni a accueilli en tout 27.400 étudiants européens dans ce cadre et envoyé 15.000 des siens sur le continent en 2013. Quelque 4.500 Britanniques sont venus en France et 6.800 Français ont traversé la Manche.

Des changements à l'horizon de 2018

Selon le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le programme ne sera pas modifié dans les deux prochaines années, le temps pour Londres de négocier les conditions de sa sortie. "A court terme, et jusqu'à la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE, les actions et le budget du programme devraient être maintenus en l'état", explique le ministère qui précise même que le budget 2017 devrait croître de 13,6% par rapport à 2016.

En revanche, "à l'échéance de 2018, le désengagement britannique pourrait se traduire par la fin de l’éligibilité à Erasmus+ des publics britanniques jeunes et adultes qui bénéficient jusqu’ici de bourses du programme Erasmus+." En somme, "le Royaume Uni ne bénéficiera plus de toutes les formes d’action offertes par Erasmus+", indique l'Education nationale. En plus de ça, ce sera "la fin de l'exemption des droits d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur britanniques dont bénéficient aujourd’hui les étudiants boursiers d’Erasmus+ des 32 autres Etats participant au programme (28 Etats membres de l’Union européenne + Norvège, Islande, Liechtenstein, Turquie, Macédoine)", précise-t-il. Pour rappel, les frais de scolarité des facultés britanniques n'ont rien à voir avec ceux réclamés en France: 9.000 livres l'année en général, soit environ 11.000 euros, voire bien plus pour les étudiants non européens.

Enfin, une possible réduction du budget Erasmus+ est envisagée alors que celui-ci devait augmenter de 40% entre 2014 et 2020 et financer notamment 4 millions de mobilités.

Une éventuelle négociation du Royaume-Uni

Toutefois, le Royaume-Uni pourrait envisager de négocier la poursuite de sa participation à l'aventure Erasmus+ en obtenant un statut spécial mais avec pour conditions de "respecter les principes et les valeurs de l'UE" et de "verser une contribution spécifique", explique l'Education nationale, comme c'est le cas pour la Norvège et la Turquie, le premier étant membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE), le second ayant établi un accord de libre-échange avec l'AELE.

Beaucoup avaient pris pour exemple la Suisse. Bien que n'étant pas membre de l'UE, elle avait été intégrée dans ce programme. Mais lorsque les Suisses ont voté en 2014 contre l'ouverture aux Croates de leur marché du travail, la Suisse est aussi devenue le premier pays à être éjecté d'Erasmus depuis sa création. Depuis, chaque école et université suisse négocie ses contrats d'échanges d'étudiants, ce qui représente "une charge de travail et un poids financier supplémentaires" pour les écoles, indique Swissuniversities, équivalent helvète de la CPU.

Il faut dire que ce programme d'échanges présente plusieurs avantages, notamment la simplification des démarches administratives, la reconnaissance de l'année passée à l'étranger dans le cursus de l'étudiant et la prise en charge par l'établissement d'accueil des frais de scolarité.

Aurore Coulaud avec AFP