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Violences du Nouvel An à Cologne: plus de 500 plaintes déposées

Des policiers devant la gare de Cologne, le 6 janvier, où ont eu lieu plusieurs agressions sexuelles le soir de la Saint-Sylvestre.

Des policiers devant la gare de Cologne, le 6 janvier, où ont eu lieu plusieurs agressions sexuelles le soir de la Saint-Sylvestre. - Maja Hitij - AFP

A Cologne, plus de 500 plaintes de victimes ont désormais été déposées dans le cadre de l'affaire des violences commises le soir du Nouvel An. Ce lundi matin, le ministre régional de l'Intérieur a indiqué que la quasi-totalité des suspects sont "d'origine immigrée".

Que s'est-il passé à Cologne le soir du 31 décembre? Les autorités allemandes ont dévoilé ce lundi le premier rapport approfondi d'enquête sur les violences commises dans la ville allemande le soir du Nouvel An, et désormais à l'origine de plus de 500 plaintes de victimes, dont près de la moitié pour agressions sexuelles.

Des suspects "d'origine immigrée"

Selon le ministre régional de l'Intérieur, la quasi-totalité des suspects des violences étaient des personnes "d'origine immigrée". "Tant les déclarations des témoins que les rapports de la police (locale), et que les descriptions de la police fédérale indiquent que les personnes qui ont commis ces crimes étaient presque exclusivement d'origine immigrée", a déclaré Ralf Jäger, ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. 

"Par ailleurs, il ressort de beaucoup d'éléments qu'il s'agissait de personnes originaires d'Afrique du Nord et du monde arabe (...) En l'état actuel des investigations, il y a aussi parmi les suspects des réfugiés venus chez nous l'année dernière", a-t-il ajouté, avant de mettre en garde contre la stigmatisation des étrangers. 

Des policiers débordés

Au total, près d'un millier d'hommes se sont rassemblés la nuit de la Saint-Sylvestre devant la gare de Cologne, dont "de nombreux réfugiés", selon Ralf Jäger. Des heurts y ont éclaté ce soir là, et des agressions notamment sexuelles ont été commises avant que la place ne soit évacuée. Mais la foule a pu s'y rassembler de nouveau et de nouvelles violences ont été perpétrées, selon lui.

Fahed est encore sous le choc. Le 31 décembre, il a assisté à la scène de violence collective. Comme beaucoup de monde, il fêtait le Nouvel An dans le centre de Cologne, quand la situation a soudainement dégénéré.

"J'ai vu des gens saouls qui se bagarraient, puis des policiers partout". Mais ces derniers sont rapidement débordés, explique-t-il. 

Les victimes sont quasiment toutes des femmes, encerclées et agressées par des dizaines d'hommes en bandes. Au total, plus de 500 dépôts de plaintes ont été enregistrés, dont quasiment la moitié pour agressions sexuelles.

Merkel sous le feu des critiques

Dimanche, le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, a fait valoir l'hypothèse de la planification de ces agressions de masse. "Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifié", a-t-il ainsi déclaré.

La police a depuis interpellé 32 personnes, essentiellement des demandeurs d'asile. De quoi alimenter les critiques contre Angela Merkel et sa politique d'accueil des migrants, qui n'ont pas tardé. L'Allemagne a accueilli un million de réfugiés en 2015. La chancelière promet désormais que les étrangers coupables de délits seront systématiquement expulsés.

La police a depuis interpellé 32 personnes, essentiellement des demandeurs d'asile. De quoi alimenter les critiques contre Angela Merkel et sa politique d'accueil des migrants, qui n'ont pas tardé. L'Allemagne a accueilli un million de réfugiés en 2015. La chancelière promet désormais que les étrangers coupables de délits seront systématiquement expulsés.

A.S. avec Antoine Heulard et Quentin Baulier