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Des douaniers kazakhs nient l'existence de l'Etat néo-zélandais et emprisonnent une touriste

L'aéroport d'Almaty (Kazakhstan) où s'est jouée la mésaventure de la Néo-Zélandaise.

L'aéroport d'Almaty (Kazakhstan) où s'est jouée la mésaventure de la Néo-Zélandaise. - Jake73 via Wikimedia Creative Commons

Chloe Phillips-Harris a passé trente-six heures dans une prison de l'aéroport d'Almaty, capitale du Kazakhstan. Elle doit aux douaniers locaux sa mésaventure: selon eux, la Nouvelle-Zélande n'était pas un véritable Etat et ne pouvait donc lui délivrer un passeport.

Imaginez-vous partir loin. En Asie centrale, admettons. Vous avez organisé votre voyage dans ses moindres détails. Une fois sur place, cependant, les autorités soutiennent mordicus que votre passeport n’est pas valide pour la bonne et simple raison que le pays dont vous vous réclamez n’existe pas. Pour finir, on vous jette quelques temps dans une cellule. C’est ce qui est arrivé à Chloe Philipps-Harris, une Néo-Zélandaise, qui débarque au Kazakhstan en mai dernier, comme le raconte à présent le New Zealand Herald.

"La Nouvelle-Zélande est à l'évidence une région de l'Australie"

La baroudeuse, dont les documents sont en règles, entend alors travailler dans les fermes locales. Mais à son arrivée à l’aéroport d’Almaty, la capitale de l’ex-république soviétique, les douaniers lui demandent instamment d’exhiber un passeport australien. Motif? Selon eux, la Nouvelle-Zélande n’est pas un Etat, tout au plus une province de l’Australie.

"La Nouvelle-Zélande est à l’évidence une région de l’Australie", assène, définitif, l’un des agents. On lui intime l’ordre de quitter le territoire en montant d’abord dans un avion en partance de la Chine. Mais la voyageuse fait appel à une de ses connaissances kazakhs et pense pouvoir sortir de l’aéroport.

La prise d’initiative de la jeune femme de 28 ans ne plaît pas et on l’amène dans une petite salle d’interrogatoire. Là, elle est bien incapable de se faire justice et de rendre à son pays la place qui lui revient dans le concert international. Et pour cause, sur un mur de la pièce, un planisphère s’étale: malheureusement, la Nouvelle-Zélande n’est pas indiquée sur la carte.

Une méthode pour faire payer les touristes?

On la confine ensuite dans une cellule de l’aéroport pendant trente-six heures. Elle pense aujourd’hui avoir percé le mystérieuse de sa curieuse et fâcheuse mésaventure:

"Des policiers en uniforme, la police des frontières, des représentants de l’aéroport sont intervenus…et à ce moment-là, il était un peu tard pour les soudoyer et m’en aller, ce qu’apparemment j’étais censé faire depuis le début. Mais en tant que Néo-Zélandaise, je ne suis pas familière avec cette pratique."

Cliché peu aimable à l’égard du Kazakhstan? En tout cas, Chloe Phillips-Harris assure qu’elle doit sa sortie à ses amitiés kazakhs qui l’ont aidé à se procurer un autre type de visa, un passeport américain…et ont versé un pot-de-vin. Ce mauvais pas n’a en tout pas dégoûté la globetrotteuse qui a ensuite séjourné six mois dans l’ex-satellite de l’URSS.

Robin Verner