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EN DIRECT - Présidentielle américaine: un débat moins virulent s'achève à Nashville

A moins de deux semaines de l'élection américaine, Donald Trump et Joe Biden s'affrontent pour un ultime débat qui s'annonce décisif. A l'inverse de le première confrontation, des règles ont été mises en place pour que les deux candidats ne puissent plus se couper la parole et s'invectiver.

Covid-19, corruption, racisme... Les temps forts du dernier débat Trump-Biden

Dans un ultime débat bien plus apaisé et policé que le précédent, Joe Biden et Donald Trump ont une nouvelle fois pu s'affronter durant plus d'une heure et demie, à moins de deux semaines de l'élection présidentielle américaine.

Plusieurs thèmes ont été abordée par les deux hommes, qui se sont toutefois de nouveau écharpés à plusieurs reprises.

"On était sur la route de la réussite", estime Trump

Interrogé sur ce qu'ils diraient aux Américains qui n'ont pas voté pour eux en cas d'élection, les deux candidats ont tenu à lancer un message clair.

"Avant l’épidémie, on avait les meilleurs chiffres de chômage pour les noirs, les latinos, on était sur la route de la réussite et du rassemblement. J’ai réduit des impôts, lui veut les augmenter, s’il est élu, il y aura une dépression", a dit Donald Trump.

De son côté, Joe Biden a souligné que tous les Américains devaient "être représentés."

"Nous allons crées des opportunités, nous pouvons lutter contre le racisme systématique et nous pouvons gérer une écologie d’énergie. Il s’agit de respecter la dignité et l’honneur du pays, je vais m’assurer que vous puissiez le faire."

"Je suis la personne la moins raciste du monde", assure Trump

En ce qui concerne la situation sociale actuelle, Donald Trump assure "être la personne la moins raciste du monde." Sur le sujet de Black Live Matters, le président américain explique pourquoi il était réservé au début du mouvement.

"La première fois que j’en ai entendu parler, ils chantaient en comparant les policiers à des cochons. J’étais terrifié. Je pensais que c’était quelque chose de terrible", ajoute-t-il.

"Abraham Lincoln était le moins raciste. Lui est le plus raciste, il a avivé les tensions, il a parlé des violeurs mexicains, il a calomnié les musulmans, les Iraniens, il a calomnié tout le monde", a répondu Joe Biden.

Biden dénonce un "racisme institutionnel" aux États-Unis

Le candidat démocrate a fustigé la situation actuelle aux États-Unis où les parents Afro-américains doivent conseiller à leurs enfants de bien mettre leurs mains en évidence lors des contrôles polciers.

"Vous êtes une victime que vous soyez riche ou pauvre, une victime au départ car mal considéré. Il y a un racisme institutionnel aux États-Unis, c’est une réalité. Nous devrions être à la hauteur de nos principes. On veut se rapprocher du principe d’inclusion", a-t-il ajouté.

De son côté, Donald Trump a tenu à défendre son bilan en matière de justice sociale.

"Personne n’a fait plus pour la communauté noire que Donald Trump, à part peut-être Abraham Lincoln."

Biden accuse Trump d'avoir mené une politique "criminelle" vis-à-vis des enfants migrants

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé jeudi Donald Trump d'avoir mené une politique "criminelle" vis-à-vis des enfants migrants.

Selon une association américaine de défense des droits humains, les parents de quelque 545 enfants de migrants qui avaient été séparés aux Etats-Unis après avoir illégalement traversé la frontière, n'ont pas pu être localisés.

De plus, Joe biden assure qu'en cas d'élection, il proposera "avant 100 jours un programme au Congrès pour que les millions de clandestins puissent devenir citoyens."

"Tous ces enfants, on leur permettra de rester et de devenir citoyens. Ce mec-là veut les envoyer dans un pays qu’ils ne connaissent pas", ajoute-t-il.

"Il a eu 8 ans pour faire ce qu’il a dit. Nous on a changé ça, on a changé les choses horribles mises en place, il n’a rien fait à part construire des cages pour enfermer les enfants", a contre-attaqué Trump.

Sur les relations avec la Corée du Nord, Biden évoque Hitler

Interrogé sur la relation entre les États-Unis et la corée du Nord, Donald Trump estime que cette dernière est bonne, et qu'il s'agit "d'une bonne chose pour la paix."

"C'était une bonne chose d'avoir une bonne relation avec Hitler avant qu'il envahisse l'Europe", a taclé Joe Biden.

Donald Trump veut "supprimer" l'Obamacare

Interrogé sur le système de santé américaine, le Donald Trump a assuré vouloir faire disparaître l'Obamacare, l'une des principales mesures prises par son prédécesseur, Barack Obama.

"J’ai déjà fait quelque chose, j’ai mis un terme aux mandats individuels, la pire partie d’Obamacare. Obamacare ne fonctionne pas, ce n’est pas bon, on veut le supprimer. Si on ne gagne pas, au moins il aura été amélioré, on protégera toujours l’éperonnes avec des antécédents médicaux. Je veux crées une nouvelle assurance santé."

"Ce n’est pas un privilège mais un droit. Il s’agit de sauver la vie des gens, de donner aux gens une couverture de soins pour leurs enfants. Les gens ont droit à cet accès aux soins abordable", a répondu Joe Biden.

Biden appelle la Chine à "respecter les règles internationales"

Interrogé sur les partenariats américains, le candidat démocrate a appelé à être vigilant avec la Chine. "Je demanderai à la Chine de respecter les règles internationales. Il faut que nos alliés soient d’accord avec nous pour faire en sorte que la chine respecte les normes internationales."

Au-delà de cela, Joe Biden a voulu recentrer le débat sur les familles américaines.

"Il ne s’agit pas de ma famille ou de sa famille. Si vous faites partie de la classe moyenne vous êtes défavorisés, vous le savez, mais on n’a pas le temps d’attendre. Je sais ce que c’est la classe moyenne, c’est de vous qu’il faut parler et il ne le fait pas."

Trump appelle Biden à "s'expliquer" sur les allégations de corruption

Toujours en ce qui concerne les allégations de corruption, Donald Trump a appelé à son adversaire à "s'expliquer" sur de présumées sommes d'argent reçues par le vice-président de Barack Obama.

"Jamais de ma vie je n'ai pris un centime d'une source étrangère", s'est défendu Joe Biden lors de leur dernier débat télévisé, à 12 jours de l'élection présidentielle.

Le président républicain dénonce depuis plusieurs semaines les affaires de Hunter Biden en Ukraine et en Chine, au moment où son père, Joe, était vice-président de Barack Obama (2009-2017).

Trump et Biden s'accusent mutuellement de corruption

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a promis jeudi que Russie, Chine, et Iran auront à rendre des comptes pour leurs ingérences dans l'élection présidentielle américaine.

"Ils paieront le prix, ils cherchent à s’immiscer dans la souveraineté américaine. "Si je suis élu", Moscou, Pékin et Téhéran "paieront" leurs ingérences dans l'élection.

A cela, Trump a de nouveau attaqué Biden. "Joe a reçu 3,5 millions de dollars de la Russie par Poutine, il doit expliquer pourquoi. Je n’ai jamais reçu d’argent de la part de la Russie", assure-t-il.

"Je n’ai rien reçu de la part d’une puissance étrangère. Il a des activités en Chine, je n’ai jamais reçu un dollar. Qu’est-ce que vous cachez, La Russie et la Chine vous paie?", lance de nouveau Biden, faisant référence aux impôts.

"Le président n’a pas dit ce qu’il savait", attaque Biden

Le vice-président de Barack Obama a de nouveau tancé Donald Trump sur sa politique de lutte contre le coronavirus, l'accusant de "ne pas avoir de plan" afin de lutter contre la maladie.

"Le président n’a pas dit ce qu’il savait en janvier, qu’il y avait des contaminations atmosphériques. Il savait que c’était dangereux car il ne voulait pas que les Américains paniquent, mais c’est lui qui a paniqué", a-t-il lancé.

Coronavirus: Trump pointe de nouveau la Chine du doigt

Toujours sur le thème du coronavirus, Donald Trump a fustigé l'attitude de la Chine au début de la pandémie. "Ce n’est pas de ma faute ni celle de Joe, c’est celle de la Chine. Ils ont empêché de se répandre sur leur territoire, mais pas dans le reste du monde", a-t-il expliqué, avant d'attaquer de nouveau son adversaire démocrate.

"On n’a pas à s’enfermer dans une cave comme l’a fait Joe. Il aime vivre dans un bunker, mais les gens ne peuvent pas me le permettre", a retoqué l'actuel président.

"On doit ouvrrir le pays sinon on va le perdre. Il y a des suicides, de la dépression à des niveaux inédits. On doit garder le pays ouvert", a encore ajouté Trump.

Coronavirus: un président "responsable" de tant de morts ne peut pas rester au pouvoir

Dès sa première prise de parole, le Démocrate Joe Biden a violemment attaqué Donald Trump sur sa politique de lutte contre le coronavirus. Un président "responsable" de tant de morts ne peut pas rester au pouvoir, a-t-il lancé.

"Quelqu'un qui est responsable d'autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des Etats-Unis d'Amérique", a lancé le candidat démocrate, prédisant "un sombre hiver" pour le pays le plus endeuillé au monde, avec plus de 220.000 décès dus au coronavirus.

"On a un vaccin qui arrive", assure Donald Trump

Interrogé sur le coronavirus, Donald Trump a admis que plusieurs pics étaient identifiés dans différents États dont l'Arizona et le Texas. En outre, l'actuel président américain a assuré qu'un vaccin "sera annoncé dans les semaines à venir." Ce dernier a évoqué 100 millions de flacons.

"J’ai été à l’hôpital, j’ai eu le Covid, mon état de santé s’est amélioré. J’ai reçu une thérapie,mon état de santé s’est rapidement amélioré et maintenant, je suis immunisé, on ne sait pas pour combien de temps", a-t-il ajouté.

Barack Obama monte au créneau

Ces dernières heures, l'ancien président américain est monté en première ligne mercredi à Philadelphie pour mettre en garde contre les sondages qui, en 2016, étaient favorables à Hillary Clinton avant sa défaite surprise.

"Beaucoup de gens sont restés chez eux, ont été flemmards et complaisants", a-t-il souligné. "Pas cette fois! Pas lors de cette élection!"

Dans un réquisitoire cinglant contre son successeur, Barack Obama a dénoncé un président qui s'est montré incapable de prendre son poste "au sérieux".

L'ex-président s'envolera samedi pour la Floride, un autre Etat crucial pour la victoire, où Joe Biden a une courte avance dans les sondages.

Quels sont les enjeux pour Joe Biden?

Malgré des sondages largement favorables, l'ancien vice-président de Barack Obama et son équipe de campagne restent prudents: en 2016, à la même époque, Hillary Clinton avait elle aussi une large avance dans les sondages au niveau national - plus de 5 points. Dans une note diffusée ce samedi, Jen O'Malley Dillon, chef de la campagne de Joe Biden, estime que Donald Trump n'est toujours pas battu.

"La vérité c'est que la course est bien plus serrée que ce qui est dit sur Twitter ou à la télévision. Dans les États-clés ou l'élection sera décidée, nous sommes au coude-à-coude avec Trump", explique-t-il.

De fait, il est clair que Joe Biden devra essuyer de nombreuses invectives de la part de son adversaire. Depuis plusieurs jours, Donald Trump tente de monter en épingle l'affaire selon laquelle Hunter Biden, fils du candidat démocrate, aurait bénéficié de l'appui de son père pour des affaires en Chine et en Ukraine. "Il s'agit d'une affaire de corruption majeure", avait-il lancé sur Fox News, malgré les multiples démentis de Joe Biden.

Quels sont les enjeux pour Donald Trump?

L'un des objectifs de Donald Trump est de parler aux seniors, qui semblent de plus en plus lui tourner le dos. Plusieurs retraités installés en Floride, l'un des États qui pourrait décider du scrutin, évoquent l'impact de la crise du coronavirus sur leur envie de voter Joe Biden.

"Donald Trump n’a pas pris ses responsabilités, on aurait pu sauver plus de vies humaines, il aurait dû nous alerter plus tôt parce qu’il savait", explique l'une d'entre elle.

Le Covid-19 justement sera l'un des thèmes centraux du débat. Infecté puis guéri du coronavirus, Donald Trump endosse depuis plusieurs jours la figure du "survivant", et multiplie les attaques contre Joe Biden qui selon ses dires ne sait pas comment faire avec la maladie.

Que disent les sondages avant le débat?

Au niveau national, Joe Biden est donné largement vainqueur du scrutin face à Donald Trump. Selon les dernières enquêtes outre-Atlantique compilées par le site Real Clear Politics, l'écart est désormais de 7,5 points entre les deux hommes. Le fossé frôle parfois les 10 points dans certains sondages, dont celui de CNBC.

Localement, les écarts semblent toutefois plus resserrés, notamment dans les swing states, ces États indécis qui représentent une large part des grands électeurs, et qui sont souvent décisifs dans la désignation du nouveau président. Ainsi, en floride, Biden n'est devant que de 2% tandis qu'en Pennsylvaniel'écart bondit à près de 5%. Au Texas, État pourtant promis aux Républicains depuis plusieurs décennies, Trump est encore en tête avec 4 points d'avance sur son vis-à-vis démocrate.

Les panneaux de plexiglas finalement retirés

Un temps envisagés pour ce dernier débat avant l'élection présidentielle du 3 novembre prochain, les panneaux de plexiglas qui devaient séparer Joe Biden et Donald Trump afin de protéger les deux hommes d'une éventuelle contamination au coronavirus ont été finalement abandonnés.

La Commission sur les débats présidentiels, en concertation avec le Dr William Fauci, en a pris la décision après que les tests PCR des deux candidats se sont révélés négatifs.

Quels thèmes seront abordés?

D'une durée de 90 minutes sans interruption, le rendez-vous sera ainsi divisé en six segments distincts, représentant chacun un thème différent. Comme le signale la radio publique américaine NPR, les six sujets abordés seront la lutte contre le coronavirus, la famille américaine, la notion de "race" aux États-Unis, le changement climatique, la sécurité nationale et enfin le leadership incarné par les deux candidats.

Le débat sera modéré par Kristen Welker, journaliste politique de NBC News. Lundi à Phoenix, Donald Trump avait déjà mis la pression sur cette dernière, la traitant de "gauchiste démocrate endurcie."

Comment va se dérouler le débat?

Organisé à Nashville dans le Tennessee, cette rencontre entre Donald Trump et Joe Biden devrait être bien plus cadrée que la précédente, après laquelle le président américain avait été hospitalisée en raison de sa contamination au Covid-19.

Les règles de distanciation sociale devraient de nouveau être respectées mais, en revanche, les vitres de plexiglas un temps envisagées entre les deux hommes ont été abandonnées après des tests PCR négatifs pour Donald Trump et Joe Biden.

Surtout, La Commission sur les débats présidentiels a décidé de prendre les choses en main pour empêcher une nouvelle cacophonie. Afin d'éviter les coupures intempestives du premier débat, les micros des deux candidats devraient être coupés lors des deux premières minutes de chaque thème, où le candidat pourra faire son exposé introductif. Après seulement, les deux hommes pourront débattre librement.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV