BFMTV

Cyclone Amphan: au moins 84 morts en Inde et au Bangladesh

Photo aérienne des dégâts provoqués par le cyclone Amphan à Burigoâlini (Bangladesh), le 21 mai 2020

Photo aérienne des dégâts provoqués par le cyclone Amphan à Burigoâlini (Bangladesh), le 21 mai 2020 - MUNIR UZ ZAMAN / AFP

72 personnes sont mortes en Inde et 12 au Bangladesh selon le bilan présenté jeudi. Le bureau des Nations unies au Bangladesh estime que le cyclone a affecté 10 millions de personnes et détruit le foyer de 500.000 personnes

Le cyclone Amphan, le plus puissant à se former dans le golfe du Bengale au XXIe siècle, a tué au moins 84 personnes en Inde et au Bangladesh, selon des bilans officiels annoncés jeudi. Pour la région du Bengale occidental, en Inde, "72 personnes sont mortes, dont 15 à Calcutta. Je n'ai jamais vu un désastre de cette magnitude", a déclaré à la presse la ministre en chef de l'État, Mamata Barnerjee. Côté Bangladesh, police et officiels ont fait état auprès de l'AFP de 12 morts.

10 millions de personnes affectées

Le bureau des Nations unies au Bangladesh estime que le cyclone a affecté 10 millions de personnes et détruit le foyer de 500.000 personnes. 

Malgré des dégâts matériels considérables, les pertes humaines semblent avoir été limitées. Jusqu'à une époque récente, les bilans des cyclones les plus violents pouvaient se chiffrer en milliers de morts autour du golfe du Bengale. En 1970, un demi-million de personnes avaient péri dans le cyclone Bhola. Le dernier cyclone particulièrement meurtrier, Sidr, avait fait 3500 morts au Bangladesh en 2007.

Mais ce pays et l'Inde ont retenu les leçons des catastrophes des décennies précédentes : ils ont construit des milliers d'abris pour la population et mis en place des politiques d'évacuation rapide. Les systèmes de surveillance météorologiques sont aussi plus sophistiqués. À l'approche du cyclone Amphan, les autorités locales de ces deux nations d'Asie du Sud ont ainsi mis à l'abri plus de trois millions de personnes vivant dans des zones à risque.

"Le coronavirus avait déjà frappé les gens de manière terrible"

Les rafales de vent d'environ 160 km/h et les pluies diluviennes n'étaient pas les seuls dangers. Les cyclones peuvent aussi provoquer une onde de tempête, un mur d'eau de mer haut parfois de plusieurs mètres, qui peut s'avérer particulièrement dévastatrice lorsqu'elle déferle sur les zones côtières.

Dans le village bangladais de Purba Durgabati, des centaines d'habitants ont bataillé toute la nuit contre les éléments pour essayer de consolider la digue les protégeant. Mais la montée du cours d'eau, de quatre mètres par endroits, l'a pulvérisée sur près de deux kilomètres et provoqué l'inondation de 600 foyers.

Ce désastre survient au moment où l'Inde et le Bangladesh sont confinés depuis fin mars pour lutter contre la pandémie de Covid-19, une mesure qui a donné un brusque coup d'arrêt à l'activité économique.

"Le coronavirus avait déjà frappé les gens de manière terrible. Maintenant le cyclone les a rendus indigents", explique Bhabotosh Kumar Mondal, un responsable municipal de Buri Goalini, l'une des villes les plus touchées au Bangladesh.
S. V. avec AFP