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Californie: des témoins racontent "la maison de l'horreur"

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Le couple Turpin, qui a séquestré ses treize enfants derrière les murs de sa maison californienne avant d'être arrêté dimanche dernier, fascine et horrifie le monde entier. Si les voisins et les quelques fréquentations du foyer sont abasourdis, quelques témoignages émergent laissant entrevoir des anomalies qui prennent aujourd'hui tout leur sens.

13 enfants, dont sept adultes que les mauvais traitements faisaient paraître mineurs d'après les autorités, retenus captifs par leurs parents dans leur propre maison de Perris en Californie, certains même attachés à leur lit par des chaînes... C'est ce terrifiant spectacle que les policiers ont découvert en pénétrant dimanche dans ce qu'il est désormais convenu d'appeler la "maison de l'horreur", après avoir été alertés sur la situation par l'une des filles du foyer, parvenue à s'en échapper.

Etranges activités nocturnes 

Depuis, les parents, David et Louise Turpin sont derrière les barreaux, leurs enfants pris en charge, et l'opinion mondiale abasourdie. Si personne ne soupçonnait une telle horreur parmi les voisins, ni les rares fréquentations du couple, des témoignages se font peu à peu jour, mettant à nu des bizarreries de la famille, et laissant entrevoir le drame. 

Le Los Angeles Times, dans cet article, a donné la parole aux riverains de Perris. Ils sont plusieurs à s'être souvenus avoir vu certains enfants s'occuper en pleine nuit du gazon du jardin de David et Louise Turpin à la lumière artificielle des projecteurs. Etrange, certes, mais pas de quoi appeler la police. Le journal californien a aussi recueilli un témoignage plus étonnant encore: celui de Mike Clifford.

Ce machiniste, qui vit en face des Turpin, travaille jusque tard le soir. Ses horaires l'ont amené à voir à plusieurs reprises les enfants de la famille, apparemment loin d'être couchés. Ainsi, il lui est arrivé, en général après minuit, de passer au moment où une demi-douzaine d'entre eux s'engouffraient dans le van conduit par leur père avant de partir. S'il n'en sait pas davantage sur ces périples nocturnes, il a aussi assisté à d'autres scènes dérangeantes. En plusieurs occasions, il a vu, par une fenêtre, la fratrie marcher en cercles. 

Voyeurisme 

Deux sœurs de Louise Turpin, et donc belles-sœurs de David Turpin, ont pu approcher de plus près le quotidien de cette cellule familiale mystérieuse, comme le note le site de KTLA, une chaîne de télévision de Californie. Elizabeth Flores a évoqué un séjour de quelques mois qu'elle avait fait dans ce foyer, alors domicilié au Texas, lorsqu'elle poursuivait ses études à l'université. A l'époque, les Turpin étaient déjà parents. Et le père de famille a eu un comportement déplacé à l'égard d'Elizabeth Flores, selon cette dernière. "Quand j'allais sous la douche, il entrait pour me regarder quand je me lavais. C'était une sorte de blague. Il ne m'a jamais touché". Elle a préféré taire cette épisode de voyeurisme: "J'étais jeune, j'avais peur. J'étais au Texas et je n'y connaissais personne."

S'agissant des relations entre les parents et leurs enfants, elle a parlé d'une éducation "très stricte" mais sans maltraitance ou abus. "J'étais plus ou moins traitée comme l'une des enfants, donc je devais obéir à des règles. Maintenant que je suis adulte, quand j'y repense, je remarque des choses que je n'avais pas vues à l'époque", a-t-elle encore déclaré. 

La chute de la maison Turpin 

Theresa Robinette, une autre sœur de Louise Turpin, a expliqué à NBC News qu'elle s'était bien rendue compte que les enfants de celle-ci étaient trop maigres. "Quand j'avais l'occasion de parler à Louise, je faisais toujours des commentaires comme, 'Mon dieu, ils sont si maigres'. Elle éclatait de rire: 'Bah, David est si grand et dégingandé. Ils seront comme lui'." 

Jusqu'à dimanche dernier, les autorités, elles, n'y ont vu que du feu. Officiellement, la maison de Perris était même dûment enregistrée comme école privée et six enfants, sur les treize, y faisaient leur instruction. Leur père, ingénieur, était déclaré comme le principal, ou directeur, de cette école. Le nom de cette institution très privée? La "Sandcastle Day school", ou en français l'école du "jour du château de sable". Le "château de sable" a fini par s'effondrer. 

Robin Verner