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Bernard-Henri Lévy distingue l'action des Kurdes et celle des Irakiens dans la libération de Mossoul

Bernard-Henri Lévy

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Bernard-Henri Lévy a tourné un documentaire sur la bataille de Mossoul entre octobre et janvier dernier, et diffusé en mars dernier. L'auteur a donné son point de vue sur la libération de Mossoul, face à Ruth Elkrief ce mardi.

Mossoul, au nord de l'Irak, vient d'être arraché à Daesh par les forces irakiennes, ce dimanche. L'essayiste Bernard-Henri Lévy a été témoin de plusieurs semaines de ces combats qui se sont étendus sur neuf mois pour les besoins du tournage de son documentaire: La Bataille de Mossoul, dont les images ont été captées entre octobre et janvier dernier, et qui a été diffusé en mars. Il a livré son sentiment sur BFMTV. 

Selon lui, il faut nuancer les attitudes des libérateurs de la ville: "Il y a ceux qui savent pour quoi ils se battent, qui se battent pour des valeurs, pour un idéal, comme les Kurdes, qui se battent pour une certaine idée de la société, de la démocratie. Et puis, il y a les Irakiens chez qui j’ai hélas, moins trouvé ça." Il a ajouté que, d'après lui, les Irakiens montraient d'ailleurs "moins de scrupule à la guerre". 

Les habitants de Mossoul sont-ils des "collabos ou des otages"? 

L'auteur a assuré que la première moitié du film avait été réalisée auprès des Kurdes et la seconde auprès de la Golden Division (une unité d'élite) irakienne. Une double expérience qui lui a inspiré cette comparaison: "On a pu comparer des résistants qui savent pourquoi ils combattent et d’autres qui sont souvent des grands combattants mais aussi des chiens de guerre, ce sont bien souvent les Irakiens. Ils ont aussi été très courageux, ils ont eu des pertes considérables. Et ça force évidemment le respect."

Bernard-Henri a ensuite abordé la question des habitants de Mossoul et du comportement des soldats à leur égard: "Ces forces irakiennes sont souvent des chiites qui étaient en train de libérer une ville à majorité sunnite. Comment seront traités les civiles de Mossoul qui y sont restés sous Daesh? Va-t-on les traiter comme des collabos ou comme des otages?" Bernard-Henri Lévy a affirmé: "On ne peut pas leur jeter la pierre, ni dire qu’ils étaient tout à fait des otages. Les Irakiens seront-ils magnanimes?"

R.V.