BFMTV

Usine de textile effondrée au Bangladesh: au moins 230 morts

Les civils viennent épauler les secouristes pour extraire des victimes des décombres.

Les civils viennent épauler les secouristes pour extraire des victimes des décombres. - -

Les secours au Bangladesh luttaient toujours jeudi pour extraire des survivants piégés sous les décombres d'un immeuble qui s'est effondré, causant au moins 230 morts et plus d'un millier de blessés.

Des plaintes et des appels à l'aide de victimes englouties par des tonnes de gravats et d'acier tordu guidaient l'épuisant travail des secours jeudi au milieu d'un site évoquant les conséquences d'un puissant séisme. Le bilan est dramatique: l'effondrement de cet immeuble au Bangladesh a fait au moins 230 morts mercredi selon un dernier bilan, et près d'un millier de blessés, laissant de nombreux survivants piégés sous les gravats.

L'immeuble de huit étages, le Rana Plaza, abritait cinq ateliers de confection lorsqu'il s'est effondré comme un château de cartes vers 9 heures du matin mercredi, à Savar, une ville à la périphérie de Dacca. Les ateliers de confection situés dans l'immeuble employaient plus de 2.600 ouvriers. Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle du Bangladesh.

Les drapeaux étaient en berne jeudi, déclaré jour de deuil national en hommage aux victimes. Devant les gravats, des centaines de personnes observaient les secours à l'oeuvre, rongées par l'angoisse, en brandissant des photos de leurs proches. Les autorités disent ignorer combien de personnes peuvent encore être prisonnières des décombres, mais les pompiers affirment encore entendre des appels à l'aide. Selon eux, près de 1.500 personnes ont déjà pu être secourues.

Les marques occidentales peu regardantes sur la sécurité?

Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant. Une situation qui relance la polémique sur les conditions de sécurité déplorables dans l'industrie du textile au Bangladesh, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix.

Un responsable de la police, Monir Hossain, a précisé qu'une enquête avait été ouverte à l'encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction. Mustafizur Rahman, le responsable d'une unité de police chargée du secteur industriel, a par ailleurs affirmé que les propriétaires des ateliers situés dans l'immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe.

En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment la chaîne américaine Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un exercice d'alerte incendie.