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Turquie: Betul Tanbay, cette femme à l'origine des manifestations

Betul Tanbay s'attendait bien à des actions à l'arrivée des bulldozers, mais pas à une telle mobilisation.

Betul Tanbay s'attendait bien à des actions à l'arrivée des bulldozers, mais pas à une telle mobilisation. - -

Partie de la lutte d'associations environnementalistes pour empêcher la réalisation d'un projet d'urbanisation dans un parc d'Istanbul, la révolte d'une partie de la population turque vise désormais clairement le pouvoir en place. BFMTV a pu rencontrer une femme à l'origine du mouvement, à Istanbul.

Elle fait partie des Stambouliotes à l'origine de la révolte. Depuis deux ans, Betul Tanbay, mathématicienne à Istanbul, se bat pour que le parc Gezi, situé au cœur de la ville, ne devienne pas un centre commercial.

Ce dernier serait le centre névralgique du projet d'urbanisation défendu par les autorités et contre lequel les manifestants ont commencé à protester, la semaine dernière, avant que la contestation ne grandisse.

"Vous qui avez de nombreux parcs à Paris et dans d'autres villes de France vous dites: 'vous vous battez pour ça?'. Vous avez entièrement raison. Mais malheureusement c'est le seul endroit, le seul espace, où l'on peut respirer en ville", explique Betul Tanbay, au micro de BFMTV.

La jeunesse déterminée à défendre ses libertés

Betul Tanbay s'attendait bien à des actions à l'arrivée des bulldozers, mais pas à une telle mobilisation, qui dure depuis maintenant cinq jours. "C'est tellement beau à voir. J'ai 53 ans donc je ne vais pas aller chanter dans la rue avec les jeunes. Mais ce sont les jeunes qui font tout, c'est merveilleux".

La jeunesse turque semble effectivement avoir besoin de respirer, dans tous les sens du terme, et se bat désormais pour défendre ses libertés. En quelques jours, la mobilisation pour la défense du parc Gezi s'est en effet transformée en révolte contre le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan et ses dérives autoritaires.

Mépris d'Erdogan

Les manifestants sont décidés à rester dans le parc tant qu'ils n'auront pas atteint leur but et sont aujourd'hui choqués par la réaction du Premier ministre face aux manifestations.

"Il a dit: 'si vous êtes 100.000 personnes, moi je peux faire descendre un million de personnes dans la rue'", déplore un jeune Stambouliote. "Ce n'est pas normal, le Premier ministre ne peut pas dire quelque chose comme ça", ajoute-t-il.


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A.S. avec Laëtitia Soudy