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Séismes en Indonésie: "un phénomène rare, mais pas étonnant dans cette zone"

Un officier indonésien dans un village détruit par le séisme du 29 juillet dernier.

Un officier indonésien dans un village détruit par le séisme du 29 juillet dernier. - AULIA AHMAD / AFP

Selon Mickaël Bonnin, sismologue, le phénomène sismique qui touche l'Indonésie depuis début août n'est pas si étonnant.

Depuis le début du mois d'août, l'Indonésie est touchée par une succession de séismes. Un premier a fait trembler la terre début août, provoquant la mort de 480 personnes et entraînant d'importants dégâts dans tout l'archipel. Deux autres séismes, d'une magnitude de 6.3 et de 6.9, se sont fait ressentir sur l'île de Lombok dimanche 19 août. Mickaël Bonnin, sismologue à l'Observatoire des sciences de l'univers Nantes-Atlantique, explique à BFMTV.com les raisons cette forte activité sismique.

> Comment s'explique la forte intensité sismique qui touche l'Indonésie depuis le début du mois d'août?

"L'Indonésie est située dans la zone où les plaques tectoniques bougent le plus rapidement dans le monde. C'est donc une zone où l'intensité sismique et volcanique est très importante. Les séismes d'intensité 7 y sont très fréquents, même s'il est rare qu'ils touchent d'aussi près les populations. D'ailleurs, en 2014, un séisme d'une intensité similaire à celui de ce dimanche avait fait de nombreux dégâts à Jakarta, la capitale du pays". 

> Est-ce fréquent de voir deux séismes d'une telle intensité, 6.9, toucher une même zone en si peu de temps?

"Souvent, lorsqu'un important séisme a lieu, de plus petits se produisent quelques temps après au même endroit. C'est ce qu'on appelle des répliques. Le phénomène est assez simple. Pour le comprendre, il faut se rappeler qu'un séisme n'a pas lieu à un point précis, mais sur une distance, le long de deux plaques tectoniques qui se rompent au contact l'une et de l'autre. Quand le séisme se produit, il libère beaucoup d'énergie à certains endroits et en accumule beaucoup à d'autres, le long de cette zone de rupture. C'est ce qui provoque une cascade d'autres séismes.

Ce n'est pas ce qui s'est produit en Indonésie cette fois-ci. Le séisme qui a eu lieu ce dimanche n'est pas une réplique du tremblement de terre qui a secoué le pays début août. Il s'agit de deux ruptures de plaques bien distinctes. C'est un phénomène rare, donc toujours inattendu, mais ce n'est pas étonnant qu'il se soit produit dans cette zone en vue de sa situation géologique".

> Il semble encore très difficile de prévoir un séisme, pourquoi?

"Je pense que nous ne serons jamais capable de prévoir un séisme avec certitude... Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous travaillons avec différents outils pour évaluer la sismicité partout sur la planète. En parallèle, des géologues travaillent sur le terrain afin de déterminer où ont lieu des déplacements de terrain, et la nature de ces derniers. Grâce à tout cela, nous sommes capables d'évaluer les zones à risque et donc d'avertir les gouvernements et les populations.

Pour autant, nous ne sommes pas en mesure de savoir quand un séisme va se produire et quel sera son intensité. Pour cela, il faudrait avoir de bien meilleures connaissances des croûtes continentales et océaniques, et c'est un objectif très dur à atteindre". 

Cyrielle Cabot