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Russie: le réseau régional de Navalny s'auto-dissout avant d'être déclaré "extrémiste"

Manifestation de soutien à l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, le 21 avril 2021 à Moscou (photo d'illustration)

Manifestation de soutien à l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, le 21 avril 2021 à Moscou (photo d'illustration) - NATALIA KOLESNIKOVA © 2019 AFP

Le réseau régional de Navalny, qui lutte contre la corruption, s'est auto-dissout ce jeudi, car il est menacé d'être déclaré "extrémiste" par le gouvernement russe.

Un proche collaborateur de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a annoncé ce jeudi la dissolution des bureaux régionaux de son organisation de lutte contre la corruption, menacée d'être déclarée "extrémiste" ce qui exposerait ses membres à de lourdes peines de prison.

"Nous dissolvons officiellement le réseau d'Alexeï Navalny", a déclaré Leonid Volkov dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, précisant que certains bureaux régionaux poursuivraient leurs activités de façon indépendante.

Première apparition publique de Navalny depuis sa grève de la faim

Cette annonce intervient alors qu'Alexeï Navalny faisait ce jeudi sa première apparition depuis la fin de sa grève de la faim, apparaissant en visioconférence décharné et le crâne rasé dans son uniforme de détenu durant une audience judiciaire.

"J'ai été emmené au bain hier (...) Il y avait un miroir, je me suis regardé: je ne suis qu'un horrible squelette", a-t-il déclaré dans un enregistrement audio diffusé par la chaîne TV indépendante Dojd.

L'opposant comparaît en appel dans une affaire de diffamation visant un vétéran de la Deuxième guerre mondiale. Il a assuré avoir encore perdu du poids mais recommencer à manger.

Les organisations liées à Alexeï Navalny, notamment le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) qu'il a créé en 2011, sont menacées d'être déclarées "extrémistes" depuis une demande du Parquet mi-avril que la justice russe examine.

Plusieurs activités du FBK interdites par la Russie

Cette semaine, un tribunal de Moscou a déjà interdit au FBK pratiquement toute activité, comme publier des contenus sur internet, organiser des manifestations et participer aux élections.

Si elles étaient déclarées "extrémistes", les organisations d'Alexeï Navalny rejoindraient une liste d'une trentaine d'autres interdites en Russie, comme le groupe jihadiste Etat islamique (EI) ou les Témoins de Jéhovah.

Le FBK est connu pour ses enquêtes dénonçant la corruption des cercles du pouvoir en Russie. La plus retentissante, accusant le président Vladimir Poutine de s'être fait construire un palais sur la mer Noire, a été vue 116 millions de fois sur Youtube.

Les 37 bureaux d'Alexeï Navalny à travers le territoire russe diffusent également leurs propres enquêtes et organisent les campagnes de "vote intelligent" défendues par l'opposant, consistant à inciter à soutenir le candidat ayant le plus de chances de battre celui du Kremlin, quelle que soit sa couleur politique.

Militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny est emprisonné depuis mars pour une ancienne affaire de fraude qualifiée de politique par de nombreuses ONG et les capitales occidentales. Face à l'aggravation de son état de santé, il a mis fin la semaine dernière à une grève de la faim de 24 jours pour protester contre ses conditions de détention.

S.B.M avec AFP