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Rohingyas: la Birmanie et le Bangladesh se donnent deux ans pour régler le retour des réfugiés

Photo prise le 22 septembre 2017 au Bangladesh

Photo prise le 22 septembre 2017 au Bangladesh - DOMINIQUE FAGET / AFP

Les deux pays ont trouvés un accord: le retour des Rohingyas dans l'État Rakhine, situé en Birmanie, devra se faire dans les deux années à venir.

La Birmanie et le Bangladesh se sont donnés ce mardi deux années pour régler le retour de quelque 650.000 Rohingyas qui ont quitté la Birmanie depuis fin août, fuyant une campagne de répression de l'armée birmane.

Les deux pays se sont mis d'accord à Naypyidaw, la capitale birmane, "sur le document que devront remplir" les réfugiés, a indiqué le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh.

Les réfugiés doivent prouver qu'ils habitaient en Birmanie

Aucun calendrier n'avait jusqu'ici été avancé par les deux pays. Pour les Nations unies, cette minorité musulmane a été victime d'une "épuration ethnique". Sous pression sur la scène internationale, la Birmanie a promis de rapatrier les réfugiés s'ils peuvent prouver qu'ils habitaient auparavant en Birmanie.

D'après le communiqué du ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, cinq camps doivent être construits dans l'État Rakhine, l'ouest de la Birmanie, où vivaient la grande majorité des Rohingyas.

Le Bangladesh qui accueille près d'un million de réfugiés rohingyas à sa frontière sud-est, dans ce qui est aujourd'hui le plus grand camp au monde, presse le gouvernement birman d'Aung San Suu Kyi de lancer le processus de rapatriement des réfugiés.

Un retour des premiers Rohingyas fin janvier impossible

"Dans les jours qui viennent, les réfugiés pourront commencer à s'enregistrer. Le processus va pouvoir commencer", a expliqué à l'AFP Mohammad Sufiur Rahman, ambassadeur du Bangladesh en Birmanie. Ce dernier a toutefois écarté un retour des premiers Rohingyas fin janvier comme cela avait été annoncé: "c'est impossible".

De nombreuses associations caritatives et diplomates se demandent de toute façon si les Rohingyas traumatisés accepteront de rentrer chez eux.

La plupart des réfugiés rohingyas approchés par l'AFP à l'intérieur des camps confirment qu'ils ne souhaitent pas rentrer chez eux - leur village ont souvent été brûlés et leurs champs confisqués. Ils estiment également que l'État Rakhine n'offre pas de garantie de sécurité.

S.Z avec AFP