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Révolution de palais au Japon, où l'empereur Akihito abdique du trône

L'empereur Akihito du Japon (à droite) salue des sympathisants aux côtés du prince héritier Naruhito (à gauche), lors des salutations du nouvel an à Tokyo, le 2 janvier 2015.

L'empereur Akihito du Japon (à droite) salue des sympathisants aux côtés du prince héritier Naruhito (à gauche), lors des salutations du nouvel an à Tokyo, le 2 janvier 2015. - Toshifumi Kitamura - AFP

À 17 heures locales, Akihito mettra un terme à plus de 30 ans passés comme "symbole du peuple et de l'unité de la nation". Cette abdication est une première en deux siècles d'histoire japonaise.

C'est une première en deux siècles d'histoire japonaise. Le règne de l'empereur Akihito s'achève ce mardi avec l'abdication du souverain, qui cède de son vivant le trône du Chrysanthème à son fils aîné. À 17 heures locales (10 heures en France), Akihito mettra un terme à plus de 30 ans passés comme "symbole du peuple et de l'unité de la nation".

Le prince héritier Naruhito lui succédera quand le Japon basculera le 1er mai à minuit dans l'an 1 de la nouvelle ère impériale "Reiwa" ("belle harmonie"), après trois décennies d'ère Heisei ("parachèvement de la paix"). Le premier discours au peuple du nouvel empereur, mercredi, après l'intronisation, est très attendue.

Loi d'exception

Alors que les successions impériales se faisaient depuis 200 ans lors du décès du souverain en exercice au profit de son héritier, le passage d'Akihito à Naruhito découle d'une loi d'exception écrite sur mesure. 

L'empereur avait subtilement exprimé mi-2016 son souhait d'être déchargé de sa tâche, qu'il ne pourrait plus "exercer corps et âme" en raison de son âge (85 ans aujourd'hui) et d'une santé sur le déclin.

La date de l'abdication, ainsi que l'ensemble des dispositions entourant cet événement, ont été décidées par le gouvernement, la famille impériale n'ayant pas son mot à dire.

Cérémonies ultra-protocolaires

La population nippone se prépare ainsi à des festivités historiques et quasi inédites puisque, cette fois, la nation n'est pas endeuillée comme c'était le cas en 1989 (mort de Hirohito, aussi appelé empereur Showa), 1926 (mort de l'empereur Taisho) ou 1912 (mort de l'empereur Meiji).

Les principales cérémonies ultra-protocolaires et très brèves de ce mardi et mercredi, qui auront lieu dans la plus belle salle du Palais impérial, seront diffusées sur la chaîne publique NHK avec une solennité rare. Des rassemblements publics sont également attendus aux abords du palais impérial.

Des mesures spéciales de sécurité seront en vigueur d'autant que, la semaine dernière, le petit-fils de l'empereur, le prince Hisahito, a été l'objet d'un acte considéré comme une menace: deux couteaux ont été trouvés sur sa table de classe dans son collège.

Ultimes pèlerinages

Des comptes à rebours sont prévus dans des lieux aussi divers que des boîtes de nuit, parvis de gares, observatoires ou sanctuaires shinto, quasi religion qui régit en partie les rites impériaux.

Toutefois, l'ensemble des événements relatifs à ce changement s'étale sur des mois, avec un autre point culminant à l'automne quand seront accueillis des chefs d'État étrangers et de nombreuses personnalités.

Akihito et son épouse Michiko ont effectué ces dernières semaines leurs ultimes pèlerinages à travers le pays qu'ils ont sillonné trois décennies durant, notamment pour aller réconforter les sinistrés après les nombreuses catastrophes naturelles de leur ère de règne. Le couple impérial est très respecté, ce qui tient beaucoup à la relative proximité qu'il a su créer avec les citoyens. 

Jules Pecnard