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Pakistan: des élections législatives minées par les attentats

Des habitants de Karachi font la queue devant un bureau de vote, samedi, sous la protection d'un membre des forces de l'ordre.

Des habitants de Karachi font la queue devant un bureau de vote, samedi, sous la protection d'un membre des forces de l'ordre. - -

Alors que le Pakistan élit samedi ses députés, trois attentats se sont produites dans le pays, faisant au moins 11 morts.

Ces élections législatives étaient annoncée sous très haute tension. Deux heures seulement après l'ouverture des bureaux de vote au Pakistan, un attentat contre un candidat laïc a fait au moins 3 morts et 21 blessés à Karachi, dans le sud du pays. Peu de temps après, une attaque contre un bureau de vote réservé aux femmes a fait 8 blessés à Peshawar, dans le nord-ouest. Une troisième bombe a explosé dans la même région, blessant quatre personnes.

Il s'agit des premiers attentats recensé en ce jour d'élections considérées comme cruciales pour la consolidation de la démocratie dans le pays, et pour lequel les rebelles islamistes talibans ont annoncé des attaques.

Un candidat du parti laïc ennemi des talibans

L'attaque de Karachi "visait un candidat de l'Awami National Party (ANP) qui circulait en voiture", a indiqué un responsable de la police locale. Le candidat se trouvait entre un bureau de vote et un bureau de son parti quand l'explosion s'est produite.

L'ANP, un parti laïc de l'ethnie pachtoune, a été l'une des cibles privilégiées des talibans pendant la campagne. La rébellion, également d'origine pachtoune, se dispute les faveurs de cette ethnie avec l'ANP, notamment dans le nord-ouest et à Karachi.

Vote pour les 342 députés de l'Assemblée nationale

Samedi, plus de 86 millions de Pakistanais sont appelés à choisir leurs 342 députés de l'Assemblée nationale et leurs représentants dans les quatre assemblées provinciales. Le parti arrivé en tête du scrutin national sera ensuite chargé de former le gouvernement, au besoin en formant une coalition majoritaire.

Ce scrutin est considéré comme historique, car il va permettre à un gouvernement civil de passer la main à un autre après avoir terminé un mandat complet de cinq ans. Une première dans ce pays créé en 1947 et à l'histoire jalonnée de coups d'Etat.