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Amnesty International dénonce l'enfer de la prison syrienne de Saidnaya

reconstitution en 3D de la prison militaire de Saidnaya en Syrie

reconstitution en 3D de la prison militaire de Saidnaya en Syrie - Amnesty International

Amnesty International a publié un rapport jeudi sur "les crimes contre l’humanité commis par les forces gouvernementales". Un chapitre concerne la prison de Saidnaya en Syrie, un véritable lieu d'horreur où la torture est permanente. L'ONG a recueilli les témoignages de 65 ex-détenus.

Depuis cinq ans, le régime de Bachar-Al-Assad est à l'agonie. Pour tenter de réprimer ses opposants, des prisons inhumaines ont vu le jour comme à Saidnaya près de Damas. Parqués, maltraités et torturés, 17.000 personnes auraient perdu la vie dans les geôles du régime. Amnesty International a interrogé plusieurs anciens détenus qui racontent leur enfer dans un rapport publié jeudi 18 août.

"Saidnaya c’est comme une prison silencieuse, mais avec un silence grave. Personne ne peut parler ou élever sa voix librement. Celui qui parle est sévèrement réprimé ou battu", raconte Diab Serrih, un ancien prisonnier.

L'ONG a reconstitué la prison militaire de Saidnaya en 3D grâce aux témoignages de ceux qui ont survécu à cette violence au quotidien. Une telle violence, que l'établissement pénitencier a été qualifié "d'usine à mort" par Nicolette Boheland, enquêtrice pour Amnesty. 

Des conditions de détention inhumaines

Le président syrien Bachar Al-Assad se serait servi de cette prison en particulier, pour faire taire les opposants au régime. Entassés à 28 par cellule, les scènes de torture vécues par les prisonniers sont quotidiennes. Anas Hamdo témoigne de cette violence, la gorge serrée.

"Quand ils apportent à manger, ça sonne comme une bataille dans chaque cellule. Ils en sortent un ou deux et ils les battent. Dehors, quand tu entends ça, tu as le cœur qui lâche. Tu commences à trembler, tu ne contrôles plus rien."

Pour Philip Luther, président d'Amnesty International au Moyen-Orient, "tout est fait pour détruire les détenus à Saidnaya". "Chaque jour, les prisonniers sont victimes d’actes de cruauté et d’humiliation. Les gens en ressortent brisés, quand ils en ressortent tout court", poursuit-il.

Depuis mars 2011, Amnesty international estime à 300, le nombre de syriens qui meurent chaque mois dans les prisons du régime.

H. B. S. avec Jonathan Dupriez