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Traite des êtres humains: Washington accuse la Thaïlande et la Russie de ne pas assez lutter

Une musulmane Rohingya libérée après avoir été victime d'un trafic d'êtres humains en mai 2015.

Une musulmane Rohingya libérée après avoir été victime d'un trafic d'êtres humains en mai 2015. - Ye Aung Thui - AFP

Un rapport annuel, piloté par le secrétaire d’État américain John Kerry, accuse ces pays de ne pas respecter les normes internationales et de ne pas faire d'"efforts significatifs" en matière de lutte contre la traite d'êtres humains.

Bangkok et Moscou dans le viseur de Washington. Les Etats-Unis ont accusé lundi la Thaïlande et la Russie de ne pas lutter suffisamment contre la traite de millions d'êtres humains, dans un rapport annuel mondial accablant sur cet "esclavage moderne". 

Kuala Lumpur, qui avait dégringolé l'an passé en queue de peloton de ce classement des trafics humains dans 188 pays, dressé chaque année par le département d'Etat, est remontée d'un cran en 2015, provoquant la colère d'associations des droits de l'homme. La Malaisie et la Thaïlande, voisines en Asie du Sud-Est, sont au coeur de la route des migrants musulmans Rohingya, une minorité persécutée au monde et qui fuit la Birmanie.

Des accusations que le gouvernement thaïlandais s'est empressé de nier. Le rapport "ne reflète pas correctement les efforts importants" faits par Bangkok, a réagi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie fustigée pour son manque d'efforts

La plupart des pays épinglés par Washington -dont l'Iran, le Venezuela, l'Algérie, la Syrie, le Yémen, la Corée du Nord et le Zimbabwe- étaient déjà au plus bas d'un classement dressé chaque année pour 188 pays par la diplomatie américaine et dévoilé par son patron John Kerry. Les pays relégués en catégorie 3 sont accusés de ne pas respecter les normes internationales et de ne pas faire d'"efforts importants" en matière de lutte contre la traite d'êtres humains. La Russie figure dans cette dernière catégorie, au moins depuis 2013, ce qui avait provoqué la fureur de Moscou à l'époque.

La Chine, en revanche, était remontée d'un cran en 2014, au rang 2 "sous surveillance" et y est toujours cette année pour le rapport 2015. Cuba, avec lequel les Etats-Unis viennent de rétablir des relations diplomatiques, est remonté cette année du rang 3 au rang 2 "sous surveillance".

La Thaïlande, une alliée de Washington mais avec laquelle les relations sont tendues depuis le coup d'Etat de 2014, est "une source, une destination et un point de passage pour des hommes, femmes et enfants victimes de travail forcé et d'exploitation sexuelle", a fustigé le département d'Etat. Bangkok reste dans la catégorie 3.

20 millions de victimes dans le monde

D'après l'Organisation internationale du travail (OIT), la traite des êtres humains représente 150 milliards de dollars de bénéfices par an, dont 99 milliards pour l'industrie du sexe. Les Etats-Unis estiment que quelque 20 millions de personnes en sont victimes.

Outre la Malaisie et Cuba, plusieurs autres pays ont été rehaussés d'un cran, comme l'Arabie saoudite, le Maroc, la République démocratique du Congo ou encore le Kenya et le Portugal. En revanche, l'Egypte, le Soudan du Sud, le Ghana, le Burundi, le Bélarus et la Slovénie ont chuté d'une place dans la nomenclature mondiale du département d'Etat, rendue publique cette année avec plus d'un mois de retard.

la rédaction avec AFP