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Etats-Unis: les femmes afro-américaines dénoncent les fouilles des cheveux dans les aéroports

L'agent en charge de la sécurité dans les aéroports tirait sur les tresses très serrées de la jeune femme.

L'agent en charge de la sécurité dans les aéroports tirait sur les tresses très serrées de la jeune femme. - Pius Utomi Ekpei - AFP

Une jeune Afro-américaine a dénoncé récemment les fouilles des cheveux opérées sur les femmes noires lors des contrôles de sécurité dans les aéroports. Son témoignage a permis à de nombreuses autres "victimes" de se faire connaître.

Les Etats-Unis ne sont pas connus pour plaisanter avec la sécurité, surtout quand il s'agit de circuler dans leur territoire. Mais pour les femmes afro-américaines, ces contrôles peuvent se transformer en quasi fouille intégrale, à en croire le témoignage de Johnetta Elzie, une jeune femme qui s'est vue contrôler jusque dans ses cheveux. Au point de ressentir une véritable douleur physique.

Ce 8 décembre 2015, la jeune femme, membre du mouvement #BlackLivesMatter, une organisation militante pour dénoncer le racisme, arrive à l'aéroport de Saint-Louis, dans le Missouri, pour prendre un vol en direction de Chicago. Comme pour tous les voyageurs, ses bagages passent au scanner, elle, sous le portique de sécurité, et est soumise à des palpations, raconte-t-elle au magazine américain, Teen Vogue et à Slate.fr

L'officier en charge des contrôles passe alors son détecteur au niveau des bras, de sa poitrine puis de son dos. Une femme alors responsable également des tests lui demande d'avancer et se met à fouiller ses cheveux. Johnetta Elzie porte les cheveux longs, tressés et portent également des extensions. Un incident qui intervient alors que le pays est en proie à une montée du racisme.

"Elle tirait sur les tresses faites avec mes propres cheveux, raconte-t-elle. Cela m'a fait tellement mal que j'ai commencé à lui hurler dessus. Mais il s'agit d'une réaction naturelle car elle me faisait mal mais aussi à cause du mépris qu'elle me portait."

Des centaines de femmes témoignent

Johnetta Elzie ne pensait pas en se confiant sur Twitter que son initiative allait permettre à d'autres jeunes femmes Afro-américaines d'exprimer à leur tour leur expérience. Des centaines de femmes noires vont raconter avoir vécu la même chose, détaille-t-elle dans le magazine américian. "Pareil! J'ai même dû enlever mon chignon pour éviter l'humiliation car ils tiraient sur le côté pour la fouille", explique Denis Parnell.

"Ils fouillent à chaque fois mes cheveux", se désole Kaseii.

Consignes strictes

Johnetta Elzie assure avoir voulu porter plainte après cet incident mais le supérieur de l'agent a refusé d'enregistrer sa déclaration. Comme le rappelle Slate.fr, l'Agence nationale américaine de sécurité dans les transports a reçu des consignes strictes concernant les fouilles corporelles et visant à interdire toute discrimination raciale. 

Ces fouilles de cheveux sur les personnes afro-américaines ne sont pourtant pas récentes. En novembre 2012, la soeur de Beyonce, Solange Knowles avait été victime de ce type de contrôle à Miami. Elle s'était alors empressée de tweeter sa mésaventure en utilisant le néologisme "Discrim-Fro-nation", contraction de discrimination et afro. "Mes cheveux ne sont pas un container. Bien que, j'y pense, je pourrais cacher un joint dedans", ironisait-elle sur le réseau social.

J.C.