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50 républicains rejettent Trump, "le président le plus dangereux de l'histoire américaine"

S'ils n'appellent pas pour autant à voter pour Hillary Clinton, ils sont catégoriques: "Aucun de nous ne votera pour Donald Trump".

S'ils n'appellent pas pour autant à voter pour Hillary Clinton, ils sont catégoriques: "Aucun de nous ne votera pour Donald Trump". - BILL PUGLIANO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les cinquante signataires de cette tribune parue lundi, tous des experts en matière de sécurité nationale, estiment que le candidat républicain n'a pas les compétences nécessaires pour devenir le président des Etats-Unis.

Selon les auteurs de cette tribune, s'il était élu, le candidat républicain à la Maison-Blanche pourrait bien devenir "le président le plus dangereux de l'histoire américaine". Dans une lettre ouverte publiée lundi par The New York Times, cinquante républicains ayant exercé d'importantes fonctions dans l'appareil américain de sécurité nationale rejettent la candidature de Donald Trump.

S'ils n'appellent pas pour autant à voter pour Hillary Clinton, ils sont catégoriques: "Aucun de nous ne votera pour Donald Trump". Tous ont travaillé à la Maison-Blanche, au département d'État ou au département de la Défense sous le mandat de différents présidents républicains. Parmi eux, Michael Hayden, numéro un de la CIA sous George W. Bush, et John Negroponte, secrétaire d'État adjoint auprès de Condoleeza Rice.

Un candidat "ignorant"

Selon eux, il est clair que Trump n'a pas les capacités requises pour accéder à la mandature suprême et au poste de commandant en chef des armées, à la fois pour son manque de compétence et pour son caractère instable, de nature à mettre en danger la sécurité du pays.

"M. Trump n'a pas la personnalité, les valeurs ou l'expérience pour être président", écrivent-ils. Selon eux, son élection affaiblirait l'autorité morale des États-Unis dans le monde, le candidat étant "ignorant" à la fois dans le domaine des affaires internationales et dans celui du droit américain. Pire encore, "il n'a pas manifesté de désir de s'informer".

"M. Trump a démontré à maintes reprises qu'il comprend mal les intérêts du pays, ses défis diplomatiques complexes, ses alliances indispensables et les valeurs démocratiques sur lesquelles la politique étrangère des États-Unis doit être fondée," écrivent-ils. 

Un "comportement fantasque" et "dangereux"

Plus loin, ils soulignent le caractère irascible et instable du candidat, arguant qu'il est "incapable de tolérer les critiques personnelles". "Il a alarmé nos alliés les plus proches en raison de son comportement fantasque. (...) Ces particularités sont dangereuses chez un individu qui voudrait devenir président et commandant en chef, ayant la responsabilité de l'arsenal nucléaire américain."

En réponse à cette tribune cinglante, Donald Trump a diffusé un communiqué, pas plus amène, dans lequel il montre du doigt "des gens du système" qui ne représentent "rien de mieux que l'élite washingtonienne qui a échoué et cherche à s'accrocher à ses pouvoirs". Il les accuse encore d'être "les auteurs des décisions désastreuses qui ont mené à l'invasion de l'Irak, d'avoir laissé des Américains mourir à Benghazi et d'avoir permis l'avènement de l'État islamique". 

Cette lettre ouverte intervient alors que de nombreuses éminences du camp républicain ont déjà fait part de leur opposition à la candidature de Donald Trump. Certains des signataires de la lettre avaient déjà signé une tribune en mars. Michael Morell, l'ancien directeur adjoint de la CIA, a de son côté appelé à voter Hillary Clinton vendredi dernier, accusant Donald Trump d'être, malgré lui, un agent du président russe, Vladimir Poutine. 

Claire Rodineau avec AFP