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Le Mexique choisit son nouveau président

les Mexicains élisent leur nouveau présidence ce dimanche.

les Mexicains élisent leur nouveau présidence ce dimanche. - MARIO VAZQUEZ / AFP

Le candidat de la gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui promet "un changement radical" est le grand favori de ces élections.

Les Mexicains votent ce dimanche pour choisir leur président, dans un pays en proie à la violence du narcotrafic. Le grand favori du scrutin est le candidat de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, promet un "changement radical".

Tout sourire et faisant le V de la victoire avec ses doigts, "AMLO", comme il est surnommé, est arrivé à son bureau de vote avant même l'ouverture, qui a eu lieu à 13H00 GMT.

Le candidat de gauche favori

"C'est un jour historique, le peuple mexicain va décider librement qui doit diriger le gouvernement ces six prochaines années. Nous représentons la possibilité d'un changement véritable, d'une transformation, c'est pourquoi ce jour est important", a-t-il déclaré à la foule de journalistes venus l'attendre.

"Cela se voit que tout le monde veut le voir, c'est le nouveau président", a commenté Salvador Sanchez, 82 ans, qui passait devant le bureau de vote du candidat pour prendre son bus. "Enfin un changement, pour la première fois l'Histoire s'écrira du côté des pauvres", a-t-il ajouté.

"AMLO", 64 ans, se présente comme le candidat anti-système et anti-corruption, voulant chasser "la mafia du pouvoir". Après deux précédents échecs, il est cette fois crédité de plus de 20 points d'avance dans les sondages sur ses adversaires.

Derrière lui, le jeune conservateur Ricardo Anaya, 39 ans, vante sa "modernité" à la tête d'une coalition de droite et de gauche (formée par le PAN, le PRD et le Movimiento Ciudadano), se voulant davantage inspiré par la Silicon Valley que par les vieux caciques de la politique mexicaine.

Il devance José Antonio Meade, du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, droite), un indépendant choisi par le parti au pouvoir, classé seulement troisième en raison de l'image de corruption et clientélisme de ce parti.

"Le temps est venu de changer"

"Le moment est venu de changer, c'est l'heure du Morena (Movimiento Regeneración Nacional/Mouvement de régénérescence nationale, NDLR)", le parti de Lopez Obrador, juge Carlos Miguel Salinas, instructeur d'éducation physique de 26 ans. 

Lopez Obrador a su capitaliser sur le ras-le-bol des Mexicains après un mandat de Peña Nieto marqué par la corruption et des violations des droits de l'homme. Si les pronostics se confirment, les élections marqueront un tournant dans la vie politique mexicaine.

"Ce qui est sûr c'est que le système des partis traditionnels s'est vu ébranlé par la poussée du Morena", analyse Duncan Wood, directeur de l'Institut du Mexique au Centre Woodrow Wilson.

En plus du mandat présidentiel, les 89 millions d'électeurs mexicains renouvellent plus de 18.000 mandats, dont les sièges de 500 députés et 128 sénateurs, ainsi que de nombreux postes régionaux ou locaux.

La campagne "la plus sanglante de l'Histoire"

La campagne électorale aura été "la plus sanglante" de l'Histoire du Mexique, avec au moins 136 assassinats d'hommes politiques - dont 48 candidats ou pré-candidats - selon le cabinet d'études Etellekt.

La violence est telle que beaucoup de Mexicains craignent de se rendre aux urnes: "Nous ne savons pas si nous allons en revenir vivant", s'inquiète Margarita Rodarte, une femme de Ciudad Juarez (nord), l'une des villes les plus violentes du pays. 

Les premiers résultats officiels sont attendus vers 04H00 GMT lundi

Cy.C avec AFP