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Otages français au Cameroun : décryptage de la vidéo postée sur Internet

Capture de la vidéo postée sur Internet lundi 26 février par le groupe Boko Haram, qui pourrait montrer les sept otages français enlevés au Cameroun.

Capture de la vidéo postée sur Internet lundi 26 février par le groupe Boko Haram, qui pourrait montrer les sept otages français enlevés au Cameroun. - -

BFMTV a demandé à trois spécialistes de décrypter la vidéo postée lundi sur Internet par le groupe nigérian Boko Haram, qui pourrait montrer les sept Français enlevés le 19 février dernier au Cameroun. Décorum, mise en scène, présence d'enfants et d'une femme : analyse des détails de cette vidéo.

Comment interpréter la vidéo diffusée lundi sur Internet par le groupe islamiste nigérian Boko Haram, montrant sept otages qui pourraient être les membres de la famille de Français enlevée le 19 février dernier, au nord du Cameroun ? BFMTV a fait appel à trois spécialistes pour en analyser les moindres détails.

> Barbe de trois jours pour les hommes

Premier détail frappant au visionnage de la vidéo : les deux hommes pris en otage, assis par terre au centre de l'image, portent une barbe de trois jours. "On peut donc supposer que la vidéo a été faite quelques jours après leur capture. Peut-être deux, trois jours", estime le spécialiste des questions de défense, Pierre Servent.

"Ce qui n'est pas incompatible avec ce que le président de la République François Hollande a dit, à savoir que le groupe aurait été séparé", ajoute-t-il.

> Présence d'une femme et d'enfants

Autre détail : la présence d'une femme et d'enfants sur cette vidéo. Une pratique peu courante, considérée comme inadmissible et innommable chez les musulmans.

"Ce groupe essaie justement de justifier l'innommable c'est-à-dire la capture d'une femme et de ses enfants et pas seulement d'hommes adultes en réclamant la libération des femmes de Boko Haram du côté nigérian", avance Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria.

> Un groupe dissident ?

Cette vidéo à la mise en scène classique montre des hommes armés, le visage dissimulé sous des cheichs. Au centre de l'image, un drapeau noir et blanc sur lequel on peut distinguer le Coran entouré de deux armes. Un élément qui trouble les spécialistes.

"Le drapeau ne correspond pas au logo utilisé en général par Boko Haram et le personnage qui parle n'est pas le responsable en chef du groupe Boko Haram, l'imam Abubakar Shekau", analyse Anne Giudicelli, spécialiste des risques politico-sécuritaires.

Ce qui peut laisser imaginer une dissidence, une rupture, au sein du groupe Boko Haram.


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Julien Migaud-Muller et Tanguy de Lanlay et Thomas Cruse et A.S.