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Niger: 71 morts dans un camp militaire après une attaque jihadiste, la plus meurtrière dans le pays

Un militaire devant le palais des Congrès de Niamey au Niger, le 7 juillet dernier.

Un militaire devant le palais des Congrès de Niamey au Niger, le 7 juillet dernier. - SSOUF SANOGO / AFP

Au Niger, l'armée a été frappée ce mercredi par l'attaque jihadiste la plus meurtrière du pays depuis 2015. Un camp militaire situé près de la frontière avec le Mali a été visé.

L'attaque mardi d'un camp de l'armée nigérienne à Inates, dans l'ouest du pays, proche du Mali, a fait au moins 71 morts et plusieurs disparus, a annoncé mercredi une source sécuritaire nigérienne.

"Malheureusement, on déplore le bilan suivant: 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés", selon le texte qui estime les assaillants à "plusieurs centaines" et parle de "combats d'une rare violence". 

"Plusieurs centaines d'assaillants"

"L'attaque a fait plus de 60 morts" avait dans un premier temps annoncé cette source à l'AFP. "Les terroristes ont pilonné le camp à l'aide d'obus et de mortiers. Les explosions des munitions et de carburant sont surtout à l'origine de ce bilan très lourd".

Ce bilan est le plus lourd subi par l'armée nigérienne depuis le début des attaques jihadistes dans le pays, en 2015. 

"Le président de la République, chef suprême des armées, Issoufou Mahamadou, a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique qui se tient en Égypte, pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à #Inates", a indiqué la présidence sur twitter.

L'état d'urgence prolongé 

Mardi, le conseil des ministres avait prorogé pour une période de trois mois l'état d'urgence décrété depuis 2017 dans plusieurs départements pour lutter contre les attaques jihadistes.

Cette mesure accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d'ordonner des perquisitions de nuit comme de jour dans un domicile. En outre, elle limite les déplacements dans les espaces concernés.

Le nord de la région de Tahoua et la région voisine de Tillabéri sont la cible d'attaques de plus en plus fréquentes, menées par des jihadistes venus du Mali proche.

Depuis octobre, il est formellement interdit aux organisations humanitaires de se rendre dans certaines zones sans escorte militaire. Les jihadistes multiplient les actions meurtrières au Sahel - en particulier au Mali, au Niger et au Burkina -, en dépit de la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Jeanne Bulant avec AFP