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Egypte: un référendum constitutionnel sous haute surveillance

Forces de sécurité egyptiennes déployées ce mardi matin devant un bureau de vote du Caire, où les électeurs faisaient la queue.

Forces de sécurité egyptiennes déployées ce mardi matin devant un bureau de vote du Caire, où les électeurs faisaient la queue. - -

Pendant deux jours, les Egyptiens sont appelés à se prononcer sur un nouveau texte constitutionnel, aux airs de plébiscite pour le général Sissi.

Les bureaux de vote ont ouvert sous haute surveillance. Alors que les Egyptiens sont appelés mardi et mercredi à se prononcer sur un référendum constitutionnel, le gouvernement intérimaire a annoncé le déploiement de 160.000 soldats et 200.000 policiers à travers le pays. Signe d'un climat tendu, une bombe artisanale a explosé deux heures avant le début du scrutin devant un tribunal du Caire, sans faire de blessé.

A travers ce scrutin, l'homme qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi entend bien asseoir son autorité. Le général Abdel Fattah al-Sissi a appelé samedi à voter massivement "oui", et le référendum a pris des airs de plébiscite en faveur du ministre de la Défense, véritable homme fort du pays.

Le général Sissi est déjà le dirigeant le plus populaire du pays. Son portrait s'étale partout dans les rues, les boutiques et certaines administrations. Mais il est aussi la bête noire des islamistes pro-Morsi, qui l'accusent d'avoir mené un "coup d'Etat militaire". Ceux-ci ont de leur côté appelé à boycotter le référendum.

Un peu plus de pouvoir aux militaires

Depuis la destitution de Mohamed Morsi, chassé par l'armée le 3 juillet dernier, le gouvernement intérimaire installé par les militaires réprime en effet implacablement ses partisans. Il a déclaré son parti, la puissante confrérie des Frères musulmans, "organisation terroriste". Ces six derniers mois, plus d'un millier de manifestants ont été tués et les pro-Morsi emprisonnés par milliers.

Le nouveau pouvoir nécessite donc appui populaire, et voit dans ce scrutin le moyen d'obtenir une caution de la part des 53 millions d'électeurs. Le nouveau texte de Constitution, rédigé par une commission nommée par le gouvernement intérimaire, donne encore un peu plus de pouvoir aux militaires.

M. T. avec AFP