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Brouillage du signal: Al-Jazeera poursuit l'Etat égyptien en justice

Le "Superdesk", centre nerveux de la chaîne à Doha.

Le "Superdesk", centre nerveux de la chaîne à Doha. - -

La chaîne d'information satellite qatarie a décidé de poursuivre en justice les autorités égyptiennes pour le brouillage dont elle affirme être victime. Le 3 septembre, la justice égyptienne avait interdit d'émettre l'antenne locale de la chaîne.

Le groupe de télévision satellitaire Al-Jazeera a annoncé mercredi son intention de poursuivre en justice les autorités égyptiennes, qu'il accuse de brouiller ses chaînes en Egypte où il poursuit sa couverture critique de la répression policière des islamistes dans ce pays.

Mardi 3 septembre, la justice égyptienne avait ordonné la fermeture d'Al-Jazeera Mubasher Misr, l'antenne égyptienne du groupe qatari, et trois autres chaînes islamistes locales. Dans un communiqué mercredi soir, le groupe qatari annonce avoir "décidé de poursuivre toute partie responsable du brouillage de ses chaînes selon les procédures judiciaires appropriées".

Citant les conclusions d'une enquête menée par "Integral System Inc sur le brouillage de ses chaînes depuis le 5 juillet", le groupe indique que ce brouillage "a pour origine trois sites à l'est du Caire et un quatrième à l'ouest de la capitale" égyptienne, ajoutant que "trois de ces sites abritent des installations militaires".

Quelle juridiction?

Le groupe, qui dit faire l'objet en Egypte d'une campagne hostile "mettant en cause le professionnalisme, la crédibilité et l'objectivité" de sa couverture, ne précise pas devant quelle juridiction il entend porter plainte contre Le Caire.

Al-Jazeera a indiqué avoir été obligée de changer ses fréquences à plusieurs reprises pour permettre à ses téléspectateurs de capter ses chaînes d'information et de sport.

Les autorités et les médias égyptiens accusent Al-Jazeera de couvrir de façon partiale les événements sanglants qui ont suivi la destitution par l'armée, le 3 juillet, du président islamiste Mohamed Morsi à la suite de manifestations monstres réclamant son départ.

La chaîne qatarie a donné une large couverture aux manifestations contre l'arrestation de Mohamed Morsi et à la répression des partisans des Frères musulmans, confrérie dont il est issu.

Le Qatar, riche émirat gazier du Golfe, qui était l'un des principaux soutiens de M. Morsi, avait condamné la répression policière des partisans du président destitué.

O. L. avec AFP