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Les microparticules de plastique, le fléau invisible qui pollue les océans

Des déchets rejetés par la mer sur la plage de Mimizan, dans le sud-ouest de la France, en mars 2014

Des déchets rejetés par la mer sur la plage de Mimizan, dans le sud-ouest de la France, en mars 2014 - Jean-Pierre Muller - AFP

Ces minuscules particules de plastique, produites par l'activité humaine, polluent les océans, contaminent les écosystèmes et se retrouvent finalement dans la chaîne alimentaire. L'Union internationale pour la conservation de la nature s'inquiète des effets sur la santé.

Les océans ne sont pas seulement pollués par les amas de déchets flottants mais aussi par des microparticules invisibles de plastique, présentes dans les pneus et les vêtements synthétiques. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), ces toutes petites particules affectent les écosystèmes et la santé, avertit-elle ce mercredi dans un rapport.

Elles représentent une part importante de la "soupe plastique" qui encrasse les eaux, soit entre 15 et 31% des quelque 9,5 millions de tonnes de plastique déversées chaque année dans les océans.

"Des effets désastreux sur la santé humaine"

L'IUCN, institution de référence dans de nombreux domaines environnementaux, a découvert que dans beaucoup de pays développés d'Amérique du Nord et d'Europe, la pollution de ces particules avait dépassé celles des déchets plastique, qui eux font l'objet d'une gestion efficace.

"Nos activités quotidiennes, telles que laver du linge et conduire, contribuent de façon importante à la pollution qui étouffe nos océans, avec des effets potentiels désastreux sur la riche diversité de la vie sous-marine et sur la santé humaine", avertit la responsable de l'IUCN dans un communiqué.

Ces particules se retrouvent dans la chaîne alimentaire

Ces particules se trouvent aussi dans les enduits de bateau, les marquages routiers, mais aussi dans les microbilles des cosmétiques et dans la poussière urbaine. "Nous devons regarder plus loin que la gestion des déchets si nous voulons traiter la pollution des océans dans son ensemble", ajoute-t-elle.

Karl Gustaf Lundin, qui dirige le Programme marin et polaire au sein de l'IUCN, reconnaît que peu d'études ont été effectuées sur l'impact sur la santé de ces minuscules particules qui se retrouvent dans la chaîne alimentaire ou des ressources en eau. Mais, explique-t-il à l'AFP, elles sont suffisamment petites pour s'infiltrer dans les membranes, "et donc nous devons supposer qu'il y aura probablement un impact considérable". 

Les microplastiques congelés dans la glace

L'IUCN demande donc aux fabricants de pneus et de vêtements d'innover pour rendre leurs produits moins polluants. Karl Gustaf Lundin suggère également que le caoutchouc soit à nouveau plus largement utilisé dans la fabrication des pneus, que les enduits plastiques soient bannis de l'industrie textile et que les fabricants de lave-linge installent des filtres à micro-, voire, nano-particules de plastique.

La situation est particulièrement inquiétante dans l'Arctique, la plus grande source de produits de la mer pour l'Europe et l'Amérique du Nord. "Il semble que les micro-plastiques soient congelés dans la glace et comme leur présence abaisse le point de fusion de la glace, vous constatez une disparition plus rapide de la glace de mer." Quand la glace fond, elle relâche du plancton qui attire les poissons, ce qui permet aux particules de plastique "de pénétrer directement dans notre chaîne alimentaire".

En 2014, près de 200.000 échantillons d'eau de mer avaient été récoltés dans les océans Indien, Pacifique et Atlantique, à différentes profondeurs et jusqu'à 6.000 mètres: des fragments microscopiques de plastique avaient été détectés dans 88% d'entre eux.

C.H.A. avec AFP