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En 2019, la forêt tropicale a perdu l'équivalent d'un terrain de football toutes les six secondes

Forêt tropicale en Indonésie, le 12 janvier 2019

Forêt tropicale en Indonésie, le 12 janvier 2019 - CHAIDEER MAHYUDDIN / AFP

La perte des forêts tropicales primaires a été 2,8 % plus élevée en 2019 qu'en 2018. Il s'agit du troisième taux de perte le plus élevé depuis le début du siècle, devant 2016 et 2017.

En 2019, notre planète a perdu la surface équivalente à un terrain de football de forêt tropicale primaire toutes les six secondes, selon une étude américaine de l'université du Maryland, publiée ce mardi par Global Forest Watch, une plateforme de surveillance de l'état des forêts dans le monde. Les nombreux incendies, mais aussi l'activité humaine sont en cause dans ces pertes, explique l'étude.

"La perte des forêts tropicales primaires était 2,8 % plus élevée en 2019 que l’année précédente et est demeurée résolument élevée ces vingt dernières années, malgré les efforts menés pour freiner la déforestation", explique le rapport. Il s'agit du troisième taux de perte le plus élevé depuis le début du siècle, devant 2016 et 2017.

Des zones "essentielles à la biodiversité"

Les forêts primaires, ou forêts vierges, "comptent parmi les forêts les plus denses, les plus sauvages et les plus écologiques du monde", explique Global Forest Watch. Il s'agit de morceaux de nature n'ayant pas été modifiés par l'homme, et assez anciens pour être arrivés à maturité. "Les scientifiques définissent souvent une forêt primaire comme la 'première' forêt qui se développe sur un sol nu", expliquait en 2018, Jean-Luc Dupouey, directeur de recherches à l’Inra, à La Croix.

Ces zones "sont essentielles à la biodiversité et au stockage du carbone", explique l'étude, et leur perte pourrait donc aggraver les problématiques mondiales de pollution.

Plus d'un tiers des pertes au Brésil

En tête des pays qui ont perdu le plus de forêt vierge, le Brésil, avec 1,361,000 hectares en moins, soit "plus d’un tiers de la perte des forêts tropicales primaires humides dans le monde". Puis viennent la République Démocratique du Congo, l'Indonésie et la Bolivie.

Ces pertes sont dues aux importants incendies de 2019, mais également à l'activité humaine, comme le souligne à plusieurs fois les chercheurs. "L’agriculture à grande échelle constitue un facteur majeur de la déforestation en Bolivie, en particulier au profit de la culture du soja et de l’élevage", notent-ils.

Et malgré les incendies dramatiques dans la forêt amazonienne l'année dernière, "au Brésil, les feux de forêt n’ont pas été les plus grands responsables de la perte de forêts primaires en 2019", explique l'étude, c'est surtout la déforestation qui est en cause. Ainsi, entre janvier et septembre 2019, la déforestation en Amazonie a augmenté de 93% au Brésil.

Des signes d'amélioration... non suffisants

Toutefois, "même si la situation au niveau mondial demeure inquiétante, certains pays ont montré des signes d’amélioration, offrant ainsi un modèle aux autres nations", écrivent les chercheurs. L’Afrique de l’Ouest a par exemple "connu une tendance à la baisse prometteuse", mais aussi le Ghana et la Côte d’Ivoire qui "ont tous les deux réduit leur perte de forêts primaires de plus de 50% en 2019 par rapport à l’année précédente".

Mais malgré ces points positifs, les forêts primaires s'amenuisent chaque année un peu plus et "la lutte pour freiner la perte des forêts tropicales est loin d’être terminée", appuie l'étude en conclusion. Ces destructions "ne feraient qu’entraîner des complications pour la santé et les moyens de subsistance de millions de gens dans le monde".

Salomé Vincendon