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Pour réconcilier les Français avec les taxis, G7 sort le grand jeu

L’image de l’entreprise passera désormais par des véhicules qui afficheront l’image de G7 qui dispose aussi d’une nouvelle appli dont l’interface rappelle celles des VTCitste.

L’image de l’entreprise passera désormais par des véhicules qui afficheront l’image de G7 qui dispose aussi d’une nouvelle appli dont l’interface rappelle celles des VTCitste. - G7

"Souffrant clairement de l’arrivée des VTC, Uber en tête, la société G7 opère un virage stratégique. Ses taxis seront désormais tous noirs et clairement identifiables. Les abonnés et les jeunes auront droit à des rabais sur le prix affiché au compteur. Et ce n'est pas tout..."

L'anecdote est connue. Travis Kalanick a eu l’idée de créer Uber en se rendant à Paris pour l'édition 2008 de Leweb, le grand show numérique de Loïc Lemeur. Pourtant, pour son nouvel événement, Leade.rs, le Breton californien a préféré signer avec G7. Tout un symbole pour le PDG de la société de taxis parisienne, Serge Metz. Et pour combler ce très médiatique client, la société parisienne va mettre à la disposition de l'événement une flotte de Tesla Model S en plus des Toyota Hybrid. 

"L’image d’Epinal des taxis a fait long feu, insiste Serge Metz. Désormais, notre entreprise se doit d’être en phase avec l’évolution de la société." Ce groupe centenaire se lance donc dans une stratégie de transformation. Tout d’abord, en repensant l’image. Le groupe ne s’appelle plus Taxis G7, mais, tout simplement G7. "Pourquoi continuer à préciser que nous sommes taxis", indique le dirigeant. C’est notre marque que nous mettons en avant. C’est comme si Apple devait préciser que son iPhone est un smartphone", signale le dirigeant.

Est-ce une manière de se distinguer de l’image que les taxis ont laissée après les derniers mouvements en France? "Pas du tout, répond Serge Metz. Nous assumons notre fonction. Par contre, nous voulons redonner de la fierté à la profession."

Des taxis qui seront tous noirs

L’image de l’entreprise passera désormais par des véhicules ayant en commun une identité visuelle plus explicite. G7 ne va certes pas jusqu'à imposer un modèle unique de véhicule comme au Royaume-Uni. Mais ses taxis se distingueront de la masse par leur couleur. Les taxis G7 seront tous noirs avec, sur le flanc et sur le toit, le logo de l’entreprise inscrit en rouge, ou en vert pour les voitures hybrides ou électriques. "Le noir exprime la sobriété et le luxe. Ce choix a été fait à partir d’une enquête auprès de nos clients", indique Serge Metz.

La transformation ne s’arrête pas à l’image des véhicules. G7 met à la disposition de ses clients une appli dont l’interface rappelle celles d'Uber. Une barre donne le choix entre les différents services (Van, VIP, partagé, green…), elle permet de payer en ligne, mais surtout, affiche une estimation de la course. Quant aux frais d’approche, ils sont limités à 4 euros pour les commandes immédiates et 7 euros pour les réservations. Et si la distance parcourue implique un montant supérieur, G7 prendra à sa charge la différence pour ne pas léser le chauffeur.

Des tarifs en baisse de 20%

Le prix affiché au compteur n'aura d'ailleurs plus qu'une valeur indicative. Il n'est pas question de faire payer plus en fonction de la demande, comme le fait Uber. Ce serait contraire à la législation encadrant l'activité de taxi. Mais les abonnés auront droit à une remise de 20% lorsqu’ils commanderont une voiture entre 10h00 et 17h00. Les 15/25 ans auront droit au même rabais sur le service G7 Night. Et là encore, l’entreprise fera en sorte de ne pas pénaliser les chauffeurs en leur remboursant le manque à gagner.

Évidemment, cette stratégie offensive aura des conséquences sur les résultats financiers. Mais G7 n'a pas trop le choix. En 2015, son chiffre d’affaires a baissé de 2% à 75 millions d’euro. Et, au cours du premier trimestre 2016, la compagnie a dû faire face à une nouvelle baisse de 8%. "Nous ne sommes pas dans un repli défensif, indique Serge Metz. Notre stratégie a un coût qu’il faut assumer. On va continuer à investir en force et à présenter des innovations tarifaires."

Lesquelles? Serge Metz n'en dira pas, mais promet de bonnes surprises. Une manière d’indiquer que le groupe n’est pas dans une stratégie à court terme, mais dans une transformation profonde de son métier et de son modèle qui a été imposé par le succès d'Uber. "Cette concurrence a été positive pour le consommateur" reconnaît aujourd'hui le patron de G7. Une affirmation qui sonne comme l’annonce d’une trêve entre taxis et VTC.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco