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SNCF: retour sur une année de galères pour les voyageurs

Le 3 avril 2018, premier jour de grève, les voyageurs ont dû prendre leur mal en patience

Le 3 avril 2018, premier jour de grève, les voyageurs ont dû prendre leur mal en patience - ludovic MARIN / AFP

Entre pannes à répétition et grève historique, le trafic ferroviaire a été fortement perturbé ces derniers mois. Retour sur les principaux événements qui ont impacté les usagers de la SNCF.

D’aucuns diront qu’il s’agit d’une année noire. Ce vendredi après-midi, le trafic ferroviaire a été fortement perturbé à la gare Montparnasse à Paris en raison d’un incendie qui s’est déclenché dans un transformateur électrique à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Un incident qui s'ajoute aux nombreux autres dysfonctionnements et perturbations qui ont ponctué l'histoire récente de la SNCF.

30 Juillet 2017: panne de signalisation à Montparnasse

C'est probablement la panne la plus retentissante de ces dernières années pour la SNCF. Il y a un an presque jour pour jour, une panne de signalisation dans le secteur de Vanves-Malakoff survenue dans la matinée a paralysé la gare Montparnasse jusqu'à 14h30. Le trafic est resté perturbé pendant trois jours, impactant plusieurs dizaines de milliers de personnes. 

À la suite de cet incident durable, qui a provoqué la colère et l’exaspération des usagers, le gouvernement a demandé à la SNCF de rendre des comptes. Un rapport a été remis aux autorités dans lequel la compagnie ferroviaire a reconnu qu’au-delà de la panne, "l’information des voyageurs TGV a connu des discordances entre les différentes sources (panneaux d’information en gare, site internet SNCF.com, applications et agents d’accueil".

3 décembre 2017: nouvelle panne à Montparnasse

Cinq mois plus tard, la gare Montparnasse a une nouvelle fois été victime d’une panne, informatique cette fois, entrainant l’annulation de TGV, de TER et d’Intercités.

Compte tenu de la pagaille sur place, l'opérateur ferroviaire a demandé à ses usagers de repousser leur voyage, un retour à la normale du trafic ayant été annoncé pour le lendemain. La SNCF a également indiqué que toutes les annulations et remboursements se feraient "sans frais et pendant un mois". En outre, des liaisons ont été assurées vers Nantes, Bordeaux ou Rennes, mais au départ de la gare d'Austerlitz, permettant la circulation de 70% des TGV programmés.

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, avait alors été convoqué par la ministre des Transports Elisabeth Borne pour s'expliquer sur cette panne jugée "inacceptable".

Un peu plus d’une semaine après ce dysfonctionnement géant, une "panne d’alimentation électrique" avait touché le système d’éclairage et d’affichage de la gare. La circulation des Transiliens s’en était retrouvée légèrement perturbée.

23 décembre 2017: des départs en vacances compliqués

Avec le début vacances de Noël, près de 1,7 million de voyageurs étaient attendus dans les gares SNCF entre le vendredi 22 et le dimanche 24 décembre. Seulement voilà, entre quais surchargés et trains bondés, la journée du 23 a vite tourné à la pagaille.

Évoquant une "affluence exceptionnelle" et une "journée spéciale", la SNCF a expliqué que "cela fait des années qu’il n’y pas eu en même temps le début des vacances et le week-end de Noël".

Pointée du doigt pour avoir réalisé des surréservations, la compagnie ferroviaire s'est défendue en assurant que "cela permet à certains voyageurs d’effectuer leur trajet le jour et l’heure voulue malgré les périodes de forte affluence".

26 décembre 2017: panne géante à Saint-Lazare

Au lendemain de Noël, la gare Saint-Lazare à Paris a été touchée à son tour par une panne d’alimentation électrique. Survenue dans la matinée, la panne paralysa le trafic pendant plusieurs heures. 2500 personnes ont été affectées par des retards compris entre 30 minutes et 2h30.

Le directeur des investissements de SNCF Réseau, Pierre-Denis Coux, a rappelé à cette occasion que l’entreprise souffrait d'un "retard d’investissements en Ile-de-France bien connu".

Avril-juin 2018: grève historique

Historique par sa durée -36 jours en cumulé, la plus longue à la SNCF depuis 30 ans-, la grève des cheminots contre le pacte ferroviaire, programmée du 3 avril au 28 juin, l'a été aussi par son rythme intermittent et inédit, découpé en 18 séquences. 

Très suivi au départ, notamment par les conducteurs (77%), le mouvement a entrainé d’importantes perturbations de trafic sur le réseau. Si les chiffres de participation ont baissé à mesure que les jours de grève se sont succédé, le conflit social a tout de même impacté le trafic, plus ou moins fortement, à raison de deux jours tous les trois jours pendant trois mois.

Ce vendredi, la SNCF a annoncé avoir subi une lourde perte nette de 762 millions d'euros au premier semestre en raison de la grève, qui a stoppé le groupe dans son élan alors qu'il avait enregistré une forte croissance en début d'année. Le chiffre d'affaires semestriel est en baisse de 3,3% à 16,1 milliards d'euros, a indiqué le groupe dans un communiqué. L'impact négatif de la grève révélé la semaine dernière est estimé à 790 millions d'euros. Il a pu être "en partie compensé par les gains de productivité" évalués par la SNCF à 330 millions d'euros.

13 juin 2018: panne à Saint-Lazare

Le 13 juin au matin, la circulation a été totalement interrompue en gare Saint-Lazare, en raison d’une panne de signalisation. Les trains à destination de la Normandie et les transiliens des Ligne J et L ne circulaient plus. Des terminus provisoires ont été mis en place à La Défense, Houilles-Carrières-sur-Seine, La Garenne Colombes, Mantes-la-Jolie et Argenteuil.

Selon Patrick Jeantet, la panne était due à un défaut d'isolement électrique sur le poste d'aiguillage de la gare Saint-Lazare. La circulation a repris progressivement en fin de matinée avant un retour à la normal survenu aux alentours de 13 heures.

P.L