BFM Business

Prix du carburant: jusqu'à quand va durer la hausse?

Le prix du carburant devrait continuer d'augmenter, étant directement corrélé à celui du pétrole. Or, les cours du pétrole ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2014 en raison de la reprise économique.

Encore 2 centimes de plus à la pompe la semaine dernière. Le gazole et l'essence sans-plomb ont atteint des niveaux historiquement hauts, à 1,56 euro le litre pour le premier et 1,62 euro pour le deuxième. Soit plus qu'à l'automne 2018, au moment où la crise des gilets jaunes a éclaté.

Difficile de prévoir jusqu'à quand la hausse des prix va se poursuivre. "Nul ne le sait puisque le prix de l'essence est directement corrélé à celui du baril de pétrole, avec une dizaine de jours d'écart. Celui-ci est actuellement au dessus de 85 dollars, un prix relativement élevé", explique sur BFMTV Philippe Chalmin, économiste et professeur à Paris Dauphine, spécialiste des matières premières.

En neuf mois, le prix du baril de pétrole s'est envolé de 65%. En cause, la reprise économique mondiale avec le redémarrage des industries énergivores. Et cette hausse devrait se poursuivre.

Certains analystes prévoient une hausse pouvant aller jusqu'à 100 dollars le baril. Car en plus de la reprise économique, "le pétrole est pris dans l'aspiration des prix du gaz naturel" et il y a en ce moment un "mouvement d'utilisation du pétrole pour remplacer le gaz, notamment pour le chauffage dans un certain nombre de pays", note Philippe Chalmin.

"Or le gaz naturel vaut aujourd'hui entre 170 et 200 dollars en équivalent pétrole. Soit deux fois plus cher", ajoute l'économiste.

"Pas un choc hivernal passager"

Selon lui, la hausse des prix des carburants pourrait se poursuivre, mais ne sera "pas forcément énorme". Alors que pour Damien Courvalin, le responsable (français) de la recherche sur l'énergie et stratège principal en matières premières de Goldman Sachs, les prix continueront d'augmenter mais surtout, resteront élevés dans les années à venir.

"Il ne s'agit pas d'un choc hivernal passager comme cela pourrait être le cas pour le gaz. C'est en fait le début d'une hausse significative des prix du pétrole", a-t-il ainsi affirmé dans l'émission "Street Signs" de CNBC, cité par BFM Bourse.

Reste à savoir ce que compte faire le gouvernement pour limiter que la hausse n'impacte trop le portefeuille des Français. Sont évoquées deux solutions: la baisse des taxes et la mise en place d'un "chèque carburant", sur le même modèle que le chèque énergie.

"Je crois que la position du gouvernement est relativement sage. Toucher à la fiscalité n'aurait pas vraiment de sens étant donné les coûts que cela représente. Car 1 centime de fiscalité de moins à la pompe, c'est 500 millions d'euros" de manque à gagner, affirme Philippe Chalmin.

Au lieu de baisser les taxes pour limiter la hausse des prix, comme le réclament plusieurs personnalités politiques, l'économiste préfèrerait un système permettant "de toucher ceux qui en ont véritablement besoin". A savoir, "les ménages modestes, et ceux qui sont obligés d'emprunter leur voiture pour se rendre à leur travail ou pour travailler". Le gouvernement n'a pas encore tranché.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech