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Plusieurs espèces de requins menacées d'extinction

Photo d'un requin-taupe bleu tout juste pêché au Massachusetts, Etats-Unis, le 15 juillet 2017.

Photo d'un requin-taupe bleu tout juste pêché au Massachusetts, Etats-Unis, le 15 juillet 2017. - Maddie Meyer - GETTY IMAGES NORTH AMERICA- AFP

Quelque 17 espèces de raies et requins sont désormais classées en "risque d'extinction", en raison d'un grand appétit pour leur chair.

Requin-taupe bleu ou petit requin-taupe... Des requins emblématiques se retrouvent menacés d'extinction, victimes de l'appétit humain pour leur chair et leurs ailerons. Quelque 17 espèces de raies et requins sur les 58 dernièrement évaluées sont désormais classées en "risque d'extinction", selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui publie jeudi un bilan plus détaillé et inquiétant que les précédents.

"Nos résultats sont alarmants, mais pas surprenants", souligne Nicholas Dulvy, co-président du Groupe d'experts requins de l'UICN (174 spécialistes issus de 55 pays): ces animaux, qui ont une croissance particulièrement lente, "sont très recherchés et ne bénéficient pas de mesures de protection contre la surpêche".

Les requins comptent plus de 400 espèces, dont le groupe de l'UICN a entrepris de dresser le bilan.

Le requin-taupe bleu classé "en danger"

Un des cas les plus préoccupants est celui du requin-taupe bleu, le plus rapide de tous, classé "en danger". La population de ce poisson qui peut faire des pointes de vitesse à 70 km/h s'est épuisée dans le monde entier, avec un déclin de 60% dans l'Atlantique sur 75 ans.

L'animal, apprécié pour sa viande et ses ailerons très prisés des Chinois, est la cible de flottes de pêche puissantes, notamment celles de l'UE. Son cousin, le petit requin-taupe, est aussi jugé "en danger". Jusqu'ici classées "vulnérables", ces deux espèces sont désormais dans la même catégorie que l'éléphant d'Asie et la baleine bleue.

Vers une régulation de la pêche? 

En mai, les États du monde sont appelés à se prononcer, sur proposition mexicaine, sur l'inscription des requins-taupes à l'annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international d'espèces de faune et de flore menacées d'extinction). Un tel statut imposerait une régulation de leur pêche.

Dans cette nouvelle liste rouge, six espèces sont classées en "danger critique", dont trois pour la première fois. Onze autres sont soit "en danger", soit "vulnérables".

Salomé Vincendon avec AFP