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Les oursons de l'ourse slovène Sorita "probablement" tués par un mâle

Une ourse et ses oursons au zoo des Angles, dans le sud-ouest de la France, le 18 juin 2015. (Photo d'illustration)

Une ourse et ses oursons au zoo des Angles, dans le sud-ouest de la France, le 18 juin 2015. (Photo d'illustration) - Raymond Roig - AFP

Les déplacements de Sorita ne correspondent pas à ceux d'une ourse accompagnée de bébés. De plus, elle a été aperçue avec un ours mâle.

Les deux oursons de Sorita, l'une des deux ourses slovènes introduites dans les Pyrénées en 2018, sont probablement morts, "sans doute" tués par un ours mâle, a annoncé ce mercredi l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Les deux oursons étaient nés dans les Hautes-Pyrénées dans la tanière de leur mère fécondée en Slovénie. Mi-avril, les agents de l'ONCFS sur le terrain avaient pu confirmer la présence des bébés à ses côtés. Mais ils n'ont plus de traces des deux petits depuis des empreintes de la famille laissées dans la neige le 1er mai.

Dans les jours suivants, Sorita, équipée d'un collier émetteur, "a effectué des déplacements de grande amplitude, avec de forts dénivelés, sur de courtes durées", mouvements "peu compatibles avec les capacités de déplacement limitées d'oursons âgés de quelques mois seulement", selon l'ONCFS.

Un ours mâle présent au côté de Sorita

Une enquête de terrain a pu révéler le 8 mai la présence d'un ours mâle adulte au côté de Sorita, par ses empreintes et une observation aux jumelles. 

"Ces éléments permettent d'avancer l'hypothèse de la disparition des deux oursons de Sorita, sans doute tués au début du mois de mai par un ours mâle présent dans le même secteur", estime l'ONCFS, qui doit encore confirmer cette hypothèse par d'autres investigations. La prédation par un ours mâle différent du père génétique représente ainsi 20% des mortalités d'oursons, selon l'Office.

"La nature est cruelle, c'est un mécanisme très classique chez les ours", a expliqué à l'AFP Nicolas Alban, délégué régional de l'ONCFS pour l'Occitanie. "La perte des oursons, avec un arrêt de l'allaitement, provoque un changement hormonal et donc un retour des chaleurs de la femelle", ce qui peut pousser un ours mâle à "tuer des oursons qui ne sont pas de lui" pour ouvrir la possibilité d'un nouvel accouplement, a ajouté Nicolas Alban.

Mais "on ne saura pas avant l'année prochaine, avant la prochaine sortie de tanière" si elle a de nouveaux petits ou pas, a-t-il précisé, indiquant qu'il y a peu de mâles dans ce secteur, avec seulement trois ou quatre régulièrement de passage.

40 ours dans les Pyrénées en 2018

Dans les Pyrénées, trois oursons sur quatre survivent à leur première année, un taux plus élevé que dans d'autres régions. En comptant Sorita et sa compatriote Claverina, 40 ours bruns avaient été décomptés dans les Pyrénées en 2018, avait annoncé au printemps le ministère de la Transition écologique, soulignant toutefois que ce nombre, en baisse par rapport aux 46 de 2017, pouvait être sous évalué. 

L'arrivée des deux femelles slovènes, relâchées en octobre dernier pour sauvegarder une espèce menacée d'extinction, avait suscité une levée de boucliers de la part d'éleveurs de la région dénonçant la prédation des plantigrades.

Avec AFP