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La planète ne compte plus que 5 rhinocéros blancs du nord

Angalifu, le rhinocéros blanc du nord qui est mort ce dimanche.

Angalifu, le rhinocéros blanc du nord qui est mort ce dimanche. - Sheep81 - Wikimedia CC

Ils ne sont plus que cinq rhinocéros blancs du nord à vivre sur notre planète, et tous sont en captivité. Il y a deux mois, il existait encore sept animaux de cette sous-espèce.

Angalifu n'est plus. A 44 ans environ, ce rhinocéros blanc du nord est mort dimanche, probablement de vieillesse. Il ne reste donc plus que cinq rhinocéros blancs du nord dans le monde, dont un seul mâle, fragilisant un peu plus cette sous-espèce en voie d'extinction.

Le rhinocéros nommé Angalifu, est passé de vie à trépas dimanche au zoo de San Diego, en Californie, a indiqué lundi la porte-parole du zoo, Darla Davis. Il était né à létat sauvage en 1972, avant d'être placé dans le zoo de Khartoum, au Soudan. Il n'avait été transféré aux Etats-Unis qu'en 1990.

Les autres survivants de cette espèce se trouvent tous en captivité, dont une femelle âgée au même zoo de San Diego, trois en Afrique et un en République tchèque. Les gardiens du zoo de San Diego avaient essayé sans succès d'accoupler leurs deux rhinocéros. Les trois animaux qui vivent dans une réserve du Kenya ont d'ailleurs été transférés depuis la République Tchèque en 2009, afin de les faire se reproduire dans un cadre plus proche de leur habitat naturel. Malgré ces efforts, les chances de succès sont très minces.

Décimés par les braconniers

Un autre mâle de cette espèce capable de se reproduire, nommé Suni, est mort en octobre dans la réserve kényane d'Ol Pejeta, à l'âge de 34 ans. Il était le premier animal de son espèce à naître en captivité, une performance qui n'a été réitérée que trois fois par la suite. Après sa mort, la porte-parole du zoo tchèque ne s'était pas montrée optimiste: "On peut toujours croire aux miracles mais tout porte à croire que la reproduction par voie naturelle n'est plus réelle", avait déclaré Jana Mysliveckova. L'autre mâle transféré en 2009 au Kenya, nommé Sudan, est jugé trop vieux, lui, pour se reproduire: il a 41 ans. 

Originaires d'Afrique centrale et de l'Est, ces herbivores imposants ont été décimés par les braconniers, pour les vertus aphrodisiaques attribuées à leur corne, très prisée dans la pharmacopée asiatique. L'espèce a aussi quasi disparu sous l'effet des guerres en Afrique, selon la World Wildlife Foundation. Il reste encore un espoir: la fécondation in vitro des femelles, dernière option viable pour espérer perpétuer l'espèce.

Les rhinocéros noirs, eux, ne seraient plus que 5.000 et les blancs du Sud, cousins de l'espèce en voie d'extinction, sont encore 20.000. 

A. D. avec AFP