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Des associations s’unissent pour que la cause animale ait sa place en politique

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A cinq mois de l'élection présidentielle, les initiatives se multiplient pour faire de la cause animale un enjeu majeur. C'est dans cette perspective que 26 organisations de protection animale se sont rassemblées au sein d'un collectif.

La cause animale ? Le sujet a longtemps fait sourire les politiques. "Pourquoi ne t’intéresses-tu pas plutôt aux hommes ?", a régulièrement entendu la députée Geneviève Gaillard, membre du groupe d’études sur la protection des animaux à l’Assemblée nationale. "Mais s’occuper des animaux, c’est s’occuper des hommes", a rétorqué celle qui, aux côtés de la députée Laurence Abeille, a initié un colloque sur la protection animale le 2 juin dernier.

Le Manifeste du Collectif AnimalPolitique

A l’occasion d’une conférence de presse présentant le Manifeste AnimalPolitique, les deux femmes étaient à nouveau réunies, ce 22 novembre, autour de vingt-six associations de protection animale : ces dernières se sont unies et ont créé le Collectif AnimalPolitique. "La grande variété d’association était une faiblesse, il fallait fédérer", a expliqué Laurence Abeille. Pour la première fois, ce sont donc les voix de plusieurs associations qui se mutualisent pour un objectif commun : faire entrer la question animale dans le débat politique, et ainsi répondre au décalage entre la préoccupation croissante des citoyens pour les animaux et l’engagement jugé par certains insuffisant des politiques.

Pour ce faire, le Collectif a publié un manifeste. Dans celui-ci, 26 propositions concrètes et applicables maintenant sont exposées autour des six thématiques majeures de la protection animale : les animaux d’élevage, d’expérimentation, de divertissement et de spectacle, de compagnie, de la faune sauvage, ainsi que la place des animaux dans notre société.

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Matthieu Ricard et Laurence Abeille - ©Elisa Gorins/Wamiz

Pour Matthieu Ricard, il faut mettre fin à une "incohérence éthique"

Bien que la France soit championne des animaux de compagnie en Europe, elle est aussi championne de l’abandon : elle compte 63 millions d’animaux de compagnie sur son territoire et dénombre 100.000 abandons chaque année. Le célèbre scientifique et moine bouddhiste Matthieu Ricard, présent lors de la conférence de presse, déplore "l’incohérence éthique qui est la nôtre" : "la valeur d’un animal est nulle" sauf en ce qui concerne "sa valeur marchande", explique-t-il. Anne-Claire Chauvancy, de la Fondation Assistance aux Animaux, est du même avis : "les animaux de compagnie sont victimes d’une société de consommation qui ne les considère que comme une valeur marchande", dénonce-t-elle.

Pourtant, que l’animal soit de compagnie, d’élevage, de divertissement, ou simplement sauvage, il n’en est pas moins un être sensible, "qui ressent des émotions et la douleur". L’auteur de Plaidoyer pour les animaux appelle donc "au respect des êtres sensibles, à l’ensemble de la biodiversité" et à une "éthique cohérente". "

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les propositions du collectif animalpolitique pour les animaux de compagnie

Instaurer une véritable politique nationale de stérilisation et d’identification des animaux domestiques par des incitations fiscales et des campagnes d’information, en portant une attention particulière sur le cas spécifique des DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer)

Interdire la cession d’animaux par les particuliers sur les sites marchands, d’annonces gratuites et les réseaux sociaux

Faire de l’intérêt de l’animal une priorité dans les procédures de retrait et de saisie

  • Interdire les euthanasies non justifiées médicalement

Créer des services d’aide aux animaux appartenant à des personnes en situation de difficulté ponctuelle ou d’exclusion.

Elisa Gorins