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Violences psychologiques au sein du couple: plus d'un Français sur dix concernés

Un couple contemple la vue sur la Seine, à Paris, le 13 février 2015 (image d'illustration).

Un couple contemple la vue sur la Seine, à Paris, le 13 février 2015 (image d'illustration). - Martin Bureau - AFP

D'après une étude de l'Insee parue ce lundi, une femme sur huit et un homme sur dix se disent victimes d'insultes, de menaces ou de comportements dévalorisants au sein de leur couple.

Pour la première fois, l'Insee (Institut national des statistiques et des études économiques) a tenté de mesurer l'ampleur des violences psychologiques au sein du couple. Pour cela, elle s'est servie de l'enquête Cadre de vie et sécurité réalisée chaque année avec l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), et depuis 2015 le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). 

Elle publie ce lundi les résultats de ces travaux, dont il ressort que 11,6% de Français déclarent être victimes de ce type de violences.

Des violences qui peuvent prendre plusieurs formes

"Selon l’Organisation mondiale de la santé, la violence entre partenaires se définit comme 'tout acte de violence au sein d’une relation intime qui cause un préjudice ou des souffrances physiques, psychologiques ou sexuelles aux personnes qui en font partie'", rappelle l'Insee dans sa publication. 

"En France, la violence psychologique est, depuis la loi de juillet 2010 sur les violences faites aux femmes, reconnue comme délictuelle au sein du couple. Elle se manifeste à travers certains propos adressés à autrui, ainsi que par des comportements visant à contrôler l’autre: agressions verbales, menaces, chantage, dévalorisation, jugements et critiques, accusations et reproches."

Les femmes plus exposées que les hommes

Dans le détail, les chiffres varient sensiblement entre les hommes et les femmes, selon les types ou la récurrence des violences. Les femmes sont 12,7% à se déclarer victimes, contre 10,5% pour les hommes. Les femmes sont plus exposées à toutes les formes d'atteintes psychologiques et verbales, mais elles cumulent aussi davantage que les hommes différentes sortes de violences, deux ou trois, le plus souvent.

L'Insee note aussi que les personnes ne vivant plus en couple se déclarent plus volontiers victimes d'atteintes que les personnes encore en couple, la séparation pouvant permettre de libérer la parole. Ainsi, parmi les hommes, 8,7% se disent victimes en étant en couple, contre 24,9 en étant célibataires. Pour les femmes, les chiffres sont de 10% pour celles en couple, contre 33,4% pour celles l'ayant été par le passé. 

Tous les milieux sont concernés

D'après les conclusions de l'Insee, les atteintes psychologiques et les agressions verbales sont présentes dans tous les milieux sociaux et culturels. Certains facteurs décuplent cependant les risques de violences, comme par exemple le fait d'être en couple avec une personne sans emploi.

Enfin, les violences physiques ou sexuelles s'accompagnent souvent de violences psychologiques. "Si la violence psychologique peut exister séparément, elle peut être un préalable à la violence physique ou/et se combiner avec celle-ci", note l'Insee.

"En effet, parmi les victimes ayant subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint (ou ex-conjoint), huit femmes sur dix et six hommes sur dix déclarent avoir été également soumis à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales."

Charlie Vandekerkhove