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Un projet alternatif au triangle de Gonesse après l’abandon d’Europacity?

Après l'abandon du projet Europacity, Emmanuel Macron a dit souhaiter le développement d'un "projet alternatif". Des élus appellent à un "plan d'urgence" pour le Val-d'Oise.

Le méga complexe commercial Europacity ne verra pas le jour dans le triangle de Gonesse, dans le Val-d'Oise. Emmanuel Macron l'a annoncé jeudi, décrivant un projet "daté et dépassé".

Cette annonce du président de la République est vécue comme une trahison pour les défenseurs d'Europacity, le maire PS de Gonesse évoquant un "coup de poignard dans le dos". Pour lui comme pour les porteurs du projet, Europacity était synonyme d'emploi, dans un département touché par le chômage. 

"Maintenant, qu'est-ce qu'on fait?"

Mais l'abandon d'Europacity ne signe pas l'arrêt de tout projet dans le secteur. Jeudi, Emmanuel Macron a dit souhaiter faire émerger "un projet alternatif". Celui-ci pourrait être implanté sur une zone plus étendue que le triangle de Gonesse". Les élus locaux appellent à travailler à cette alternative.

"L'Elysée a pris la décision d'arrêter ce projet, maintenant la question qui se pose c'est qu'est-ce qu'on fait? (...) Ce qu'on attend c'est un plan d'urgence pour le Val-d'Oise", insiste Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région Ile-de-France en charge de l'écologie. 

Les opposants à Europacity avaient déjà commencé à travailler à des alternatives. A contre-courant du méga complexe commercial que devait incarner Europacity, le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG) soutient un projet baptisé CARMA: Coopérative pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d'avenir. 

Maintenir l'activité agricole

Celui-ci, porté par un collectif d'opérateurs économiques, urbanistes, agronomes, commerçants propose de maintenir une activité agricole pour créer un "cycle alimentaire sain et durable" sur le territoire francilien. Pour répondre à la problématique de l'emploi, CARMA défend le développement de formations pour les habitants à des filières de la transition écologique. 

"On peut imaginer une transition vers un projet agricole tel que le propose l'association CARMA qui depuis de nombreuses années travaille avec des spécialistes et agriculteur pour essayer d'inventer un projet qui soit à la fois local et de transition agricole", abonde Antoinette Guhl, adjointe à la mairie de Paris. 

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert considère de son côté que les agriculteurs pourraient sur cette zone "signer des contrats de production avec les collectivités" afin de leur fournir les 50% de produits locaux imposés aux cantines. 

Jeudi, Emmanuel Macron a dit souhaiter faire émerger un projet qui devra être "plus mixte, plus moderne, sans créer un pôle démesuré de consommation, de loisirs et d'objets". Le président de la République a décidé de confier à l'ancien directeur de l'Atelier parisien d'urbanisme Francis Rol-Tanguy la mission de travailler avec les élus à un nouveau projet.

Carole Blanchard