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Pollution au plomb autour de Notre-Dame: une association porte plainte pour "mise en danger d'autrui"

L'association Robin des Bois dénonce l'absence de mesures sanitaires de la part des autorités dès le soir de l'incendie de la cathédrale et l'absence d'informations auprès des riverains dans les semaines qui ont suivi.

L'association Robin des Bois a déposé plainte contre X vendredi 26 juillet devant le tribunal de grande instance de Paris pour "mise en danger de la personne d'autrui". Elle dénonce un manque de communication de la part des autorités sur la pollution au plomb après l'incendie de Notre-Dame de Paris, selon une information du Monde, confirmée par BFM Paris.

L'incendie de la cathédrale, le 15 avril, avait provoqué la fusion de plusieurs centaines de tonnes de plomb qui se trouvaient notamment dans la charpente de la flèche et de la toiture. Depuis, des taux anormalement élevés en plomb ont été mesurés dans plusieurs zones aux alentours de la cathédrale.

Mi-juillet, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, la préfecture de police et la Mairie de Paris avaient voulu rassurer les Parisiens sur les risques liés à cette pollution, assurant que la santé des populations n'était pas en danger. Un discours qui n'a pas convaincu l'association.

"On a déposé plainte pour "mise en danger délibérée d'autrui" et "non-assistance à personne en danger" devant le tribunal d'instance de Paris après l'incendie de Notre-Dame et ses conséquences sanitaires", a confirmé, sur notre antenne, Jacky Bonnemains, président de l'association Robin des Bois. "depuis plus de trois mois, nous avons accumulé suffisamment d'indices montrant le manque d'informations de la part des autorités."

"Des carences fautives" de la part des autorités

L'association reproche aux autorités des "carences fautives" dans l'information et la protection des populations, notamment des riverains vivant à proximité de l'édifice. 

"Nous estimons que la présence massive de plomb dans la charpente et dans la flèche de la cathédrale devait être connue des pouvoirs publics. Dès le départ, ils n'ont ainsi pas pris les mesures suffisantes pour écarter le public, les journalistes, les touristes présents sur les quais, faisant face à une fumée toxique", explique Jacky Bonnemains.

"Cette carence d'informations s'est poursuivie pendant des semaines. A notre demande, des prélèvements ont été faits mais leurs résultats ont été dissimulés. Ce n'est que sous le feu des critiques que les pouvoirs publics se sont résolus à donner des informations complètes", poursuit-il. 

Jeudi dernier, deux écoles du 6e arrondissement ont été fermées "par mesure de précaution" après que des niveaux en plomb supérieurs à 5 000 µg/m2 ont été mesurés. Le même jour, le chantier de rénovation de la cathédrale a été suspendu afin de "mettre à plat" les règles de précaution sanitaires pour les ouvriers exposés au plomb, celles-ci n'étant "pas suffisamment appliquées". 

Cyrielle Cabot