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Les patrons des groupes politiques unis pour dénoncer les violences contre les élus

Les présidents de groupe de l'Assemblée nationale arrivant ensemble dans l'hémicycle, le 11 janvier 2022.

Les présidents de groupe de l'Assemblée nationale arrivant ensemble dans l'hémicycle, le 11 janvier 2022. - BFMTV

Tout en affichant leur unité à l'Assemblée nationale ce mardi, les neuf groupes politiques de l'hémicycle ont co-signé une tribune publiée sur le Huffington Post pour "mettre fin à l'indifférence face à la montée de la haine" contre les élus.

Tous les patrons des groupes politiques à l'Assemblée nationale sont arrivés ensemble ce mardi dans l'hémicycle derrière Richard Ferrand pour dénoncer à l'unisson la "montée de la haine" à l'encontre des élus, sur fond de recrudescence des violences visant les députés en lien avec la politique sanitaire.

"Ce sont les principes de la démocratie et de la République qui sont en cause", a lancé le président (LaREM) de l'Assemblée au démarrage des questions au gouvernement.

"Il est indispensable que tous les moyens de l'Etat soient mobilisés pour assurer la sécurité de tous les candidats (à la présidentielle) comme de l'ensemble des représentants de la Nation,", a-t-il plaidé, deux jours après l'agression à son domicile du député de Saint-Pierre-et-Miquelon Stéphane Claireaux (LREM).

"C'est le coeur de la démocratie qui est attaqué"

Richard Ferrand a été applaudi par tout l'hémicycle à l'issue de sa prise de parole. Le titulaire du perchoir doit faire un point ce mardi soir avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et son homologue de la Justice Eric Dupond-Moretti, sur le nombre de cas recensés et la réponse judiciaire apportée.

Les neuf groupes politiques de l'Assemblée ont parallèlement co-signé une tribune publiée sur le Huffington Post pour "mettre fin à l'indifférence face à la montée de la haine".

"Quand on en vient à agresser, du fait de leurs opinions ou de leurs votes, les représentants du peuple, à leur domicile ou par des menaces de mort, c'est le coeur de la démocratie qui est attaqué. Le jour où la violence dominera le débat public, la République sera morte et notre démocratie en sera la première victime", affirment les présidents des groupes LR, Agir, LREM, Gauche démocrate et républicaine, UDI, Modem, Libertés et Territoires, LFI et PS.

"Aucun débat démocratique ne peut se dérouler sous la menace", ajoutent-ils dans cette tribune initiée par le groupe socialiste.

Recrudescence des violences

En 2019, les présidents des groupes de l'Assemblée avaient déjà marqué leur "unité" par une entrée commune dans l'hémicycle, derrière Richard Ferrand, sur fond de violences commises dans le sillage de la crise des "gilets jaunes".

Selon un bilan du ministre de l'Intérieur, 300 plaintes ont été déposées depuis le mois de juillet et l'entrée en vigueur du pass sanitaire, et 60 élus ont été menacés depuis le début de l'année 2022. L'agression dimanche à son domicile du député de Saint-Pierre-et-Miquelon Stéphane Claireaux a été considérée comme une nouveau cap franchi dans les violences. L'élu a porté plainte.

Selon les chiffres de la place Beauvau, 1186 élus ont été pris pour cible dans les onze premiers mois de 2021, dont 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints victimes d'agressions physiques, soit une hausse de 47% par rapport à 2020. 419 outrages ont aussi été recensés, soit une hausse de 30%.

S.R. avec AFP