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Le muesli, cocktail de céréales ou de pesticides?

L'association Générations futures a passé au crible une quinzaine de ces mixtes céréaliers privilégiés par ceux qui veulent petit-déjeuner équilibré. Et avalent au passage une bonne dose de perturbateurs endocriniens.

Un mélange de diverses céréales, de fruits secs ou de discrets éclats de chocolat, le muesli a tout du parfait mélange alimentaire pour commencer la journée. Il est riche en fibres, plutôt digeste et très énergétique, facile à préparer... Sauf, rétorque l'association Générations futures qui s'est fait une spécialité de dénoncer les abus du recours aux pesticides dans notre agriculture, que ces mélanges véhiculent de nombreux perturbateurs endocriniens.

Mais attention, sur la quinzaine de produits que l'association a donné pour analyse à un laboratoire indépendant, une nette différence se dessine entre les produits bio et ceux qui ne le sont pas, rappelle Le Parisien.

Le bio premier de la classe

Quelque 141 résidus de pesticides (sur l'ensemble des échantillons analysés) ont été répertoriés dans les dix boîtes non bio. Sur le nombre, 81 se rangent dans la catégorie des perturbateurs endocriniens, qui ont une influence néfaste sur l'équilibre hormonal. Et dans les cinq paquets bio? Aucun résidu à l'horizon, soutient l'association. Bien sûr une seule portion ne va pas garder des traces de 141 résidus à elle seule, mais les traces d'une quinzaine, dont une majorité sont des perturbateurs endocriniens, peuvent être retrouvés dans un seul mélange.

L'association qui ne se substitue pas au travail des médecins tient à préciser que la consommation de Muesli non bio n'entraîne pas mécaniquement de tomber malade. 

"Nous ne disons pas que les gens vont être malade en consommant du muesli, mais qu'il et anormal de commencer sa journée par un cocktail de perturbateurs endocriniens", pointe le président de l'association François Veillerette auprès du quotidien.

Pourquoi autant de poisons dans notre muesli?

Alors comment se fait-il que ces mélanges censés nous faire du bien soient potentiellement une bombe à retardement? La réponse est à chercher dans l'agriculture intensive, mais aussi dans les processus de stockage.

"Souvent, pour protéger les graines entreposées dans les silos ou les conteneurs, les céréales sont saupoudrées d'insecticides", explique le porte-parole de Générations futures.

Le résultat est une concentration moyenne établie dans les produits non bio à "0,177 mg/kg de résidus de produits chimiques quantifiés par échantillons", soit selon l'association, "354 fois la concentration maximale tolérée ans l'eau des boissons". Générations futures a écrit à toutes les entreprises commercialisant du muesli pour les inciter à revoir certaines de leurs pratiques.
David Namias