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Hôpitaux: plus de 9 Français sur 10 soutiennent la grève aux urgences

Des urgentistes manifestent à Paris, le 6 juin 2019.

Des urgentistes manifestent à Paris, le 6 juin 2019. - Aurore Mesenge - AFP

Alors que la grogne du personnel soignant s'intensifie, plus de 9 Français sur 10 disent soutenir leur mouvement de grève entamé il y a plus de trois mois et qui touche plus de 140 services.

92% des Français soutiennent le mouvement de grève touchant les urgences depuis plus de trois mois, constate un sondage Odoxa pour Le Figaro, France Info et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) publié ce jeudi. Les trois quarts des personnes interrogées estiment que les services d'urgence se détériorent, et plus de la moitié soutiennent "tout à fait" ce mouvement qui vise à obtenir "des recrutements et une augmentation des salaires".

Le constat est encore plus rude et unanime chez les professionnels de santé interrogés: 96% soutiennent la grève des urgences, 91% ayant le "sentiment" que les services d'urgences se détériorent "ces dernières années". Parmi les professionnels hospitaliers, 60% assurent que la grève des urgences a touché leur établissement.

Engorgement des services d'urgences

Alors que les recours injustifiés à ces services - où les passages ont doublé en 20 ans - sont souvent montrés du doigt, 20% des personnes interrogées déclarent s'être déjà rendues aux urgences parce qu'elles avaient "du mal à obtenir un rendez-vous avec un médecin". Une proportion qui grimpe à 31% chez les 18-24 ans, et 26% en région parisienne. Près de deux personnes sur dix expliquent être allées aux urgences parce qu'elles trouvaient cela "plus pratique et/ou rapide que d'aller chez le médecin", une sur dix invoquant la dispense d'avance de frais.

Démarré mi-mars à Paris après une série d'agressions, le mouvement de grève touchait plus de 140 services ce jeudi, selon un décompte du collectif Inter-Urgences. 

Enquête réalisée en ligne les 12 et 13 juin auprès d'un échantillon de 997 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas, et du 7 au 14 juin auprès d'un échantillon de 976 professionnels de santé (dont 911 exerçant à l'hôpital).

Ambre Lepoivre avec AFP